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La rage sévit encore à l’étranger, soyez en conscients!

12 Oct

Un enfant de 10 ans a été hospitalisé à Lyon « dans un état critique, mais stable » après avoir été mordu par un chiot porteur de la rage au Sri Lanka. Son pronostic vital est engagé, selon les médecins.

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Cet enfant, âgé de 10 ans, avait séjourné avec sa famille au mois d’août dernier au Sri Lanka. Il y avait joué avec un chiot sur la plage, ce chiot l’avait mordillé à la main mais l’incident était passé inaperçu aux yeux de son entourage. C’est à son retour en France que les premiers symptômes sont apparus.

Le 1er octobre, il a d’abord des signes de fatigue et des douleurs dans la gorge. Puis dès le lendemain, des troubles neurologiques, et une peur de l’eau, caractéristique de la rage.

Le 4 octobre, l’enfant a été admis aux urgences du centre hospitalier de Villefranche. Le 9 octobre, les analyses biologiques pratiquées à Paris par l’Institut Pasteur, Centre national de référence de la rage, ont confirmé la  suspicion d’un cas déclaré de rage sur ce jeune patient.

Voici ce que la presse nous relate. Certains médias parlent d’un état « stable mais critique » de l’enfant. D’accord, ils ne veulent pas choquer. Mais il me semble essentiel d’informer juste et de parler vrai. Il est très important de dire haut et fort que ce « bête » incident aura des conséquences dramatiques pour cet enfant : il n’y a AUCUN traitement possible de la rage, une fois les symptômes déclarés : elle est mortelle dans 100% des cas. L’état de cet enfant a beau être « stable », IL VA MOURIR!

Si cette tragédie doit servir à quelque chose, pourvu que le grand public soit correctement informé : dans des pays dont le statut n’est pas indemne de rage, NE TOUCHEZ JAMAIS AUCUN ANIMAL! Et ne laissez certainement pas vos enfants jouer avec un animal inconnu, même un petit chiot (qui était probablement très mignon).
C’est – j’imagine – dur à dire tel quel pour les médias mais c’est important de le savoir et de le faire savoir.

Sincères pensées pour cet enfant et sa famille…

La rage est une maladie mortelle si elle n’est pas traitée à temps. Elle est transmissible pendant environ 15 jours avant l’apparition des premiers symptômes de la maladie chez l’animal. Un animal peut donc sembler parfaitement sain (dans ce cas ci, un petit chiot tout mignon sur une plage) et être porteur de la rage. Elle sévit encore à l’heure actuelle sur une grande majorité du globe.

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Chez l’homme, le traitement préventif de la rage humaine, administré après le contact avec l’animal porteur, mais avant l’apparition des symptômes, est efficace. Dans le cas de cet enfant, une fois les symptômes apparus, il n’y a malheureusement plus rien à faire.

Rappel de recommandations importantes

  • Tout chien ou chat ou autre carnivore ayant mordu ou griffé une personne, doit être présenté à un vétérinaire par son propriétaire dans les 24 heures suivant la blessure. L’animal fait l’objet d’une surveillance sanitaire par le vétérinaire pendant 15 jours.
  • En cas de morsure, même un simple « machouillement », il faut immédiatement nettoyer la plaie avec de l’eau et du savon, rincer abondamment et appliquer une solution antiseptique. Il est indispensable de consulter rapidement un médecin, qui pourra selon le contexte orienter la personne mordue vers un centre antirabique.
  • il ne faut JAMAIS manipuler les animaux sauvages ou errants surtout lorsqu’ils sont trouvés malades ou blessés, et encore plus dans des pays non indemnes de rage.

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Je me permets également de vous renvoyer :

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Prendre la température de son animal

11 Juin

La température normale d’un chien ou d’un chat adulte tourne aux alentours de 38 – 38,5°C, mais cette température peut varier sans que ce soit pour autant anormal.

On peut considérer, « théoriquement », qu’un chien ou un chat a de la fièvre au delà de 39°C. Et que, toujours « théoriquement », ce même animal peut être considéré comme en hypothermie en dessous de 37,5°C. Cette prise de température doit être corrélée avec l’état général de l’animal.

Un chien peut par exemple arriver en consultation et stresser à l’idée d’être chez le véto : il sera très excité sur ma table et quand je prendrai sa température, il peut pointer à 39 sans que je ne trouve cela inquiétant. Par contre, un client m’amènera un chiot très KO peu remuant, et ce même chiot, si le thermomètre indique 39°C, m’inquiétera bien plus.

Rien ne sert de courrir et de paniquer, donc, si votre chat est à 39,1°C et qu’il « pète la forme », joue et mange bien…

 

Vous ausi, à la maison, vous pouvez prendre la température de votre animal. C’est très simple!

Oubliez tout de suite les thermomètres frontaux ou auriculaires : chez les animaux, ils sont très peu fiables! Pour nos compagnons, rien de tel que le bon vieux thermomètre électronique!

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Comment procéder?

– Idéalement, faites vous aider par un autre membre de la famille qui vous tiendra l’animal

– Placez vous à l’arrière de l’animal et soulevez délicatement sa queue

– Mettez un peu de vaseline ou de savon liquide sur le bout du thermomètre

– Introduisez délicatement l’embout du thermomètre électronique dans l’anus de l’animal, sur environ 1cm de profondeur

– Orientez le bout du thermomètre latéralement, vers la paroi latérale de l’anus, de telle sorte que le bout métallique soit en contact avec la paroi anale

– Une fois que vous êtes dans la bonne position, ne bougez plus et attendez que le thermomètre sonne

– Lorsque le thermomètre sonne, cela signifie que la température est stable!

 

 

Si votre animal vous semble anormal (s’il est apathique, qu’il vomit, a de la diarrhée, présente des anomalies respiratoires, bref, que vous ne le trouvez pas dans ses baskets) et que la température est trop basse ou trop élevée : appelez bien sûr votre vétérinaire pour prendre un rendez-vous!

 

 

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L’hypothyroïdie canine

16 Mai

Article écrit (enfin!) pour Eyba … et Delphine. Bonne continuation au Canada! :-)

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La thyroïde est une glande située de part et d’autre et en partie haute de la trachée chez nos carnivores domestiques (chez nous aussi, hein, mais je me contente de parler de ce que je connais).

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Cette glande thyroïde sécrète des hormones thyroïdiennes : la T4 (en majeure partie) et la T3 (ainsi que la calcitonine).

Ces hormones thyroïdiennes ont pour rôle de stimuler le métabolisme:

  • elles participent à la production et au renouvellement des poils, de la peau
  • elles participent au transit digestif et à la digestion
  • elles régulent la température corporelle, en permettant au corps de produire de la chaleur
  • elles stimulent les mécanismes de défense
  • elles jouent un rôle important dans la croissance (croissance osseuse entre autres)
  • elles régulent la quantité de calcium dans le sang
  • elles stimulent le rythme cardiaque et la pression artérielle
  • … et bien d’autres choses encore!

Vous le comprenez donc, les hormones thyroïdiennes sont – en gros, hein ! – le bouton « ON » du moteur de l’organisme.

L’hypothyroïdie est une maladie hormonale relativement fréquente chez le chien (alors que chez le chat, c’est l’HYPERthyroïdie que l’on rencontre fréquemment).

Qui dit « hypo » dit « pas assez ». La glande thyroïde ne fonctionne pas ou mal et ne produit plus suffisamment d’hormones thyroïdiennes : le bouton « ON » est hors service et l’organisme fonctionne donc au ralenti.

 

A quoi est ce du ?

La plupart du temps, il s’agit d’une cause immunitaire. C’est-à-dire que l’organisme du chien va produire des anticorps qui vont détruire lentement la glande thyroïdienne. Les cellules sécrétantes étant détruites, il y a moins d’hormones sécrétées.

Parfois, cette maladie est congénitale, c’est-à-dire que la glande se développe mal dès la naissance ou alors que la glande se développe bien mais ne sécrète pas assez.

La majeure partie des cas d’hypothyroïdie s’observent sur un adulte d’âge moyen à âgé.

Le diagnostic n’est pas toujours évident car le propriétaire de l’animal peut croire que la baisse de forme de son animal est simplement liée au fait qu’il vieillit. Alors que lorsqu’on aura diagnostiqué une hypothyroïdie et traité l’animal, il retrouve en règle générale une deuxième jeunesse !

 

Quels sont les symptômes de l’hypothyroïdie ?

Baisse de forme, faiblesse, prise de poids de l’animal (sans augmentation de la prise alimentaire), troubles de la reproduction (baisse de fertilité), troubles du comportement, difficultés respiratoires, pertes de poils (souvent par plaques et très localisées), sensibilité exacerbée au froid … chacun de ces symptômes doit être signalé à votre vétérinaire.

On rencontre cette maladie dans toutes les races de chiens mais plus souvent chez les Cockers, Labradors, Golden Retrievers, Teckels, Dobermans, Pinschers, …

 

Comment faire le diagnostic de cette maladie ?

… En vous rendant chez votre vétérinaire, bien sûr !

Après avoir examiné votre animal, ce dernier réalisera probablement des examens complémentaires comme :

  • un bilan sanguin (numération formule, biochimie sanguine, …)
  • une analyse urinaire
  • un dosage sanguin des hormones thyroïdiennes
  • un test sanguin thyroïdien

 

Est-ce que cela se soigne ?

La bonne nouvelle, c’est que l’hypothyroïdie se soigne, et plutôt assez bien et facilement. Et que l’espérance de vie d’un chien bien traité est la même que celle d’un chien « normal ».

Bien sûr, la glande reste malade mais il « suffit » de traiter votre chien avec un complément hormonal thyroïdien pour qu’il retrouve une seconde jeunesse en à peine une semaine ou que les autres soucis (troubles dermatos, du comportement, de la reproduction, …) se régulent (en quelques mois).

Le « hic » est qu’il s’agit du coup le plus souvent d’un traitement à vie et que des contrôles sanguins réguliers sont à prévoir (deux fois par an en général).

Après avoir commencé un traitement (comprimés oraux), votre vétérinaire vous demandera très certainement de revenir au bout d’un mois afin d’évaluer l’état clinique de votre chien et de doser à nouveau le taux hormonal (prise de sang).

 

 

La PIF (ou Péritonite Infectieuse Féline)

14 Sep

La Péritonite Infectieuse Féline (ou PIF, pour les intimes) est une maladie virale qui affecte essentiellement les jeunes chats (âgés de moins de 3 ans).

C’est une maladie très grave, mortelle à plus ou moins court terme chez 100% des chats atteints.

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On distingue deux formes de Péritonites Infectieuses : l’une appelée PIF humide et l’autre PIF sèche (par opposition).

La PIF humide (dans 75% des cas de PIF environ) est nommée de la sorte car elle va causer des vascularites, c’est à dire des inflammations des vaisseaux sanguins, ce qui aura pour conséquence la formation d’épanchements liquidiens.

Les cavités anatomiques normales (thorax, abdomen, …) du chat vont se remplir de liquide. Vous le comprenez donc : du liquide en quantité abondante dans le thorax va induire une gène voire une détresse respiratoire. Et le liquide dans l’abdomen va induire des troubles digestifs, ainsi que des troubles dans le fonctionnement des différents organes abdominaux.

La PIF sèche est appelée ainsi en opposition à la PIF humide car elle peut atteindre n’importe quel organe, sans collections liquidiennes associées. Et chaque organe atteint sera dès lors défaillant.

On peut donc observer :

– des troubles digestifs (diarrhée, vomissements, …) si ce sont les intestins qui sont touchés,

– des troubles ophtalmiques si ce sont les yeux qui sont touchés,

– des troubles hépatiques (avec ou sans ictère) si le foie est touché,

– des troubles neurologiques,

– etc.

Ces organes peuvent être atteints séparément ou collectivement.

C’est en gros, un résumé très simpliste des symptômes car à vrai dire, la PIF n’est pas une maladie aussi simple à caractériser tant ses manifestations peuvent être variées. Son diagnostic n’est pas toujours évident pour nous, vétérinaires.

Comment un chat contracte-t-il la PIF?

Déjà, sachez que la PIF ne se transmet que de chat à chat. Elle n’est pas contagieuse pour l’homme et ne se transmet pas au chien.

Ensuite, elle se transmet entre chat par une contamination oro-nasale : par contact direct (par les selles, surtout, ou par la salive, par inhalation, …) ou indirect (via un objet infecté, mais le virus est très peu résistant dans le milieu extérieur). On pense qu’elle peut se transmettre également in utéro, de la chatte à ses chatons, mais ce n’est pas prouvé. Bref, ce qu’il faut retenir est que la voie de contamination essentielle est via les selles.

La PIF est en fait un virus mutant de famille des coronavirus. Le coronavirus est un virus qui causera une affection tout à fait bénigne de diarrhée passagère. La plupart des chats infectés par le FeCV (Feline Coronavirus) ne développeront même aucun symptômes!

Cependant, parfois, lorsqu’il se transmet de chat à chat, ce virus peut muter du FeCV (forme bénigne du coronavirus) en FIPV (forme PIF du coronavirus).

Le risque de cette mutation est plus élevé chez les jeunes chats et les chats âgés (parce que leur système immunitaire est moins compétent, on pense), et également chez les sujets immunodéprimés.

C’est la raison pour laquelle la PIF atteint plus facilement un chat jeune (de moins de 3 ans), âgé, ou porteur du FIV ou du FeLV.

Le stress (qui diminue aussi l’efficacité du système immunitaire) peut également favoriser le développement de la maladie.

Le coronavirus « bénin » se rencontre évidemment plus là où il y a beaucoup de chats dans un espace restreint (expositions, élevages, …) et est relativement rare chez des chats d’intérieur ou d’extérieur vivant seuls. Et parmi ces chats qui seront porteurs du coronavirus « bénin »,  on estime que seulement 5% des chats vivant en groupe verront se virus muter en coronavirus forme PIF et développeront cette maladie, alors que pour les chats vivant seuls, ce pourcentage est inférieur à 5%.

On comprend donc que la PIF est connue pour être une maladie des collectivités parce que ces milieux sont plus difficiles à contrôler « sanitairement parlant » (plus de risques de transmission virale entre individus du virus corona « bénin ») mais aussi parce que les individus vivant en collectivité sont soumis à plus de stress que les chats vivant seuls, ou vivant à l’extérieur.

Les chats « PIF » excrètent via leur selles du virus FeCV bénin non muté et non directement le virus FIPV muté : ils ne sont donc pas directement contagieux de la PIF!

Comment éviter que mon chat contracte cette maladie?

Il n’y a pas de vaccin contre la PIF en France. Ce vaccin est disponible en Belgique et en Amérique du Nord, mais il est plus que controversé dans son efficacité.

La vaccination (qui, je le rappelle n’est pas dispo en France) se fait par voie nasale (on injecte donc une forme limitée de liquide dans le nez du chat).  Elle provoque ensuite une immunité locale. On utilise pour ce vaccin un virus mutant du FIPV qui se multiplie à faible température (la température des voies respiratoires supérieures), mais pas à 37-38°C (la température du reste du corps).

Je vous disais que l’efficacité de ce vaccin est contestée. D’abord parce qu’il est inefficace sur des chats déjà séropositifs. Ensuite, dans les études réalisées sur des chats séronégatifs, il y a eu qu’une faible diminution du nombre de chats développant une PIF parmi les animaux vaccinés. Le gros inconvénient de ce vaccin est que les chats vaccinés deviennent séropositifs : ce qui ne veut pas dire qu’ils contractent la PIF mais que cela empêche tout contrôle ultérieur du FIPV.

Comment diagnostiquer une PIF?

Le diagnostic de la PIF se fera entre autre par un test de dépistage Coronavirus. Mais ce test ne peut pas faire la différence entre le FeCV et le FIPV.

Si ce test est négatif, ok, votre chat ne fait pas une PIF.

Par contre si ce test est positif, cela veut dire que soit votre chat fait une PIF, soit qu’il a un jour rencontré la forme bénigne de coronavirus, ce qui ne servira pas à grand chose…

D’autres examens seront dès lors demandés par votre vétérinaire (protéinémie, rapport albumine/globuline, profil d’électrophorèse des protéines, examens de prélèvements histologiques, …)  et si les symptômes collent avec les différentes données des différentes analyses de laboratoire effectuées, on pourra dire sans doute que oui, le chat souffre bien d’une PIF.

Quel en est le traitement?

Malheureusement, il n’y a aucun traitement de la PIF. La PIF est mortelle chez 100% des chats atteints.

On peut utiliser des corticoïdes, de l’interféron, et des traitements symptomatiques mais tous ces traitements ne sont que palliatifs et jamais curatifs.

Les crises épileptiformes chez nos carnivores domestiques

13 Sep

Nos animaux domestiques peuvent souffrir – en gros – de toutes les maladies dont nous pouvons souffrir nous.

Les crises convulsives ne sont pas rares chez nos compagnons à 4 pattes. Mais elles ne se traduisent pas toujours de manière très caractéristique.

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Lors d’une crise généralisée, l’animal perd connaissance, « tombe » sur le côté, tous ses muscles se contractent en même temps : il tremble, il convulse. Il peut aussi abboyer, « vocaliser », uriner, baver, déféquer en même temps. Cette crise est très impressionante. Au bout de quelques secondes (qui peuvent paraitre bien longues), voire au maximum quelques courtes minutes, les tremblements/convulsions se calment, l’animal reprend connaissance. Votre compagnon peut sembler totalement déconnecté après sa crise, et son comportement sera ensuite très variable : allant de l’excitation extrême (il se déplace sans cesse) à l’abattement (il est totalement inactif).

Lors d’une crise convulsive partielle, on n’observe pas la crise dans son intégralité. L’animal peut simplement saliver, ou avoir des mouvements involontaires d’une seule patte, ou d’un seul groupe musculaire. Ces crise là ne sont donc pas facilement identifiables.

A quoi est-ce du?

La crise convulsive en tant que telle est déclenchée par une hyper-excitation (décharge électrique) d’une portion ou de la totalité des neurones (cellules nerveuses du cerveau).

Cette décharge électrique anormale peut provenir :

– Soit d’une lésion primaire du tissu du cerveau. Lors d’un choc par exemple (traumatisme cranien), ou d’une hémorragie, ou lors d’un AVC (quand un vaisseau sanguin est obstrué). La lésion peut également provenir d’un phénomène infectieux/inflammatoire (encéphalite) ou d’une tumeur cérébrale.

– Soit d’une anomalie externe au tissu du cerveau, mais auquel le cerveau va répondre de manière secondaire. Lors d’une hypoglycémie par exemple. Le taux de sucre est trop bas, et le tissu cérébral est totalement sain, mais comme il a besoin de glucose pour fonctionner correctement, il entre en état de choc. On rencontre également ce type de crise convulsive lors d’un trouble hépatique (du foie) ou lors d’une intoxication.

– Soit il n’y a aucune anomalie au niveau du cerveau ou ailleurs, mais ce sont les cellules cérébrales elles mêmes qui sont trop réactives. On parle alors d’hyperexcitabilité des neurones, d’épilepsie essentielle, ou d’épilepsie « idiopathique » dans notre jargon à nous.

Comment être certain qu’il s’agisse de crises épileptiformes ou convulsions?

Une crise convulsive généralisée, cela ressemble à ça chez un chien :

ou ça, en moins violent :

Chez un chat, c’est toujours hyper impressionnant :

Oui, je sais … ce n’est pas facile à regarder …

Ce qu’il faut se dire déjà, c’est que l’animal est totalement inconscient durant sa crise et qu’une crise n’est pas douloureuse pour l’animal.

Une crise épileptiforme partielle, cela ressemble à ça (le chien de la vidéo présente un tremblement de le tête et des contractures involontaires des muscles du pourtour des babines) :

C’est moins impressionnant qu’une crise généralisée, mais c’est épileptiforme quand même…

Mon animal convulse : que faire?

Si votre chien ou votre chat convulse complètement, gardez votre calme. Paniquer, cela ne sert à rien. Il ne faut surtout pas secouer votre chien pour tenter de le réveiller car cela risquerait d’amplifier la crise.

Le mieux à faire est … de ne rien faire. Cela peut paraitre bizarre mais c’est vrai. Si vous voulez aider votre animal, éteignez la lumière, ne criez pas, restez calme. Il faut au maximum éviter de le stimuler. La crise passera d’autant plus facilement que son système nerveux ne sera pas stimulé par autre chose.

Ne tentez pas non plus de lui sortir la langue. Car comme il est inconsicent et qu’il est pris de contractures musculaires involontaires, votre animal risque de vous mordre sans s’en rendre compte. De plus, cela ne sert à rien car lors d’une crise, votre animal ne risque pas (comme chez l’homme) de « s’étouffer avec sa langue ».

Une fois la crise passée et lorsque votre animal aura repris ses esprits, prenez rendez vous rapidement chez votre vétérinaire. En effet, il est indispensable de savoir pourquoi cette crise s’est produite. Et il faut éviter qu’une autre crise succède à la première.

Une visite chez le vétérinaire s’impose!

Votre véto administrera très certainement des anticonvulsivants à votre compagnon, l’examinera sous tous les angles, réalisera un examen neurologique approfondi et lui fera probablement des examens complémentaires.

Il est évident que l’on aborde différemment les crises convulsives chez un jeune ou chez un vieil animal.

Un bilan sanguin sera quasi systématiquement proposé, ainsi que très souvent également un scanner ou un IRM de l’encéphale. Le but étant de trouver la cause de ces convulsions afin de traiter l’animal au mieux.

Car il est certain que le traitement sera différent entre un animal souffre d’une insuffisance hépatique et un autre qui présenterait une tumeur cérébrale…

L’insuffisance rénale chronique chez le chat

11 Sep

J’ai déjà écrit un article sur l’insuffisance rénale chez le chien. Nombre d’entre vous m’ont demandé si il était transposable aux chats… La réponse est oui, bien sûr, quant à la pathogénie, mais le chat et le chien n’étant pas la même espèce, il y a certains points plus spécifiques aux chats que je vais tenter d’aborder pour vous ici…

Le rein est un organe qui filtre le sang et qui est chargé de le détoxifier en éliminant les toxines (les déchets) produits par l’organisme. Quand je dis « le rein », je parle en fait DES reins, présents en nombre normal de deux.

Les reins filtrent donc le sang pour le transformer en urine, qui est stockée dans la vessie via les uretères et est ensuite éliminé lors de la miction (« acte d’uriner ») par l’urètre.

Quel talent! (non?)

Quel talent! (non?)

Lorsque le rein est défaillant, il ne peut plus filtrer le sang et les toxines s’y accumulent (dans le sang).

L’insuffisance rénale chronique est une maladie qui touche le plus souvent les chats âgés. Ou lors d’anomalies congénitales (anatomiques ou fonctionnelles) chez des jeunes animaux (polykystose rénale par exemple).

L’insuffisance rénale chronique se met en place petit à petit : le rein est détruit progressivement. On diagnostique souvent cette maladie à un stade avancé de la maladie car l’organisme a tendance à compenser et à tolérer de lentes augmentations des toxiques dans le sang, jusqu’à un certain stade … où il est souvent peu aisé de faire machine arrière.

On peut clairement dire que le rein est LE talon d’Achille de l’espèce féline … C’est une espèce qui boit très peu d’eau lorsque l’on rapporte cette quantité à son poids corporel, qui est sujette aux affections/infections urinaires, … et ces particularités font que le chat est naturellement une espèce sensible au niveau de sa fonction rénale.

Quelle en est la cause?

On n’arrive souvent pas à expliquer la cause primaire de l’IRC (Insuffisance Rénale Chronique) : il s’agit d’un vieillissement prématuré (ou non) de cet organe. Par contre, on sait que des facteurs extérieurs peuvent aggraver et accélérer la maladie : la déshydratation, l’ingestion de toxiques ou de médicaments qui vont détruire le rein, des infections urinaires chroniques, des calculs urinaires (rénaux, urétéraux ou urétraux), des tumeurs rénales, de l’hypertension, des anomalies anatomiques, …

Quels en sont les symptômes?

Un chat qui souffre d’IRC boit et urine généralement beaucoup (on appelle cela dans le jargon médical un syndrome de « polyurie – polydypsie »). Il est KO, a mauvaise haleine, mange peu et peut même vomir fréquemment. Il maigrit et se déshydrate malgré qu’il boive beaucoup.

Le hic est que les symptômes n’apparaissent que lorsque plus de 2/3 du rein est atteint. Vous vous rendez donc compte que la maladie est souvent diagnostiquée tard dans le processus.

Comment diagnostiquer l’IRC?

En se rendant chez son vétérinaire, évidemment!

Car, sur base des symptômes que vous lui décrirez, votre véto vous proposera probablement de réaliser des examens complémentaires. En général, on réalise quasi systématiquement une prise de sang et une analyse urinaire.

L’analyse urinaire permettra de diagnostiquer plus précocement une IRC que la prise de sang. En effet, une des premières valeurs qui se modifie lors d’un début d’IRC, c’est la densité urinaire. Un chat a une densité urinaire normalement très élevée (comprise entre 1035 et 1060) car il concentre très fortement ses urines. Chez le chat insuffisant rénal, cette densité sera moindre, car il n’arrive plus à concentrer ses urines (et il boit et urine plus). La densité urinaire est calculée à l’aide d’un petit appareil appelé « réfractomètre ».

Réfractomètre. Copyright Vet and the City

Réfractomètre. Copyright Vet and the City

ATTENTION cependant, une densité urinaire basse ne signifie pas systématiquement qu’il y a une insuffisance rénale!

On en profite également pour faire une bandelette urinaire et vérifier d’autres paramètres que la densité, dont la présence de protéines dans les urines.

Bandelette urinaire Copyright Vet and the City

Bandelette urinaire
Copyright Vet and the City

D’autres types d’analyses urinaires seront peut être nécessaires (ECBU par exemple) …

L’analyse sanguine montrera une augmentation de toxiques éliminés généralement par le rein sain mais que le rein malade ne peut plus filtrer (urée, créatinine). C’est l’augmentation de ces toxiques dans le sang qui fait que l’animal ne mange plus ou mange moins et qu’il soit nauséeux.

Augmentation des paramètres sanguins : Urée (BUN) et Créatinine (CRE) chez un chat souffrant d'IRC.  Copyright Vet and the City

Augmentation des paramètres sanguins : Urée (BUN) et Créatinine (CRE) chez un chat souffrant d’IRC.
Copyright Vet and the City

On observe aussi souvent des variations dans l’ionogramme (les ions sanguins : calcium, phosphore, sodium, potassium, chlorure, …) ainsi que des troubles de l’équilibre acido-basique. Très compliqué à expliquer tout ça, mais sachez que ces différents paramètres, dosés par votre vétérinaire dans la prise de sang, permettent d’affiner le diagnostic, de caractériser la gravité des lésions et de donner un pronostic vital à votre compagnon.

On réalise aussi fréquemment une numération formule sanguine. Un chat souffrant d’IRC sévère présentera de l’anémie. En effet, l’érythropoïétine (EPO) est une hormone produite par le rein et dont le rôle est de stimuler la production de globules rouges par la moelle osseuse. On comprend donc qu’un animal dont les reins souffrent synthétisera moins d’EPO, et donc, sa production de globules rouges diminuera, d’où l’anémie.

D’autres examens vous seront peut-être proposés afin de mieux caractériser les lésions ou de poser un pronostic précis, comme une radiographie abdominale, une échographie afin de visualiser l’état des reins, une mesure de la pression artérielle, …

Quel est le traitement de l’IRC?

Il est important de comprendre que le pourcentage de tissu rénal qui est détruit au moment du diagnostic d’IRC l’est de manière irréversible. Malgré cela, un traitement est possible et le chat peut être stabilisé et vivre des années sous traitement. Le traitement réduira les symptômes, augmentera la qualité et la durée de vie de l’animal.

Le traitement mis en oeuvre dépendra du stade d’IRC.

Je vous ai expliqué précédemment qu’un chat souffrant d’IRC pouvait se déshydrater. Cela provient du fait que, comme les reins sont malades, ils ne peuvent plus retenir suffisamment l’eau de l’organisme. Le chat urine donc beaucoup. Il boit également beaucoup pour compenser ces pertes urinaires. Mais comme il mange moins, vomit ou a de la diarrhée, les pertes en eau sont plus importantes que sa prise de boisson, donc, le chat se déshydrate. Or, cette déshydratation est néfaste pour les reins car elle diminue le débit de filtration et l’oxygénation de ces organes.

Votre vétérinaire vous proposera donc peut être d‘hospitaliser votre félin sous perfusion. La perfusion permettra de réhydrater l’animal, de réaugmenter le débit de filtration des reins et de forcer les reins à éliminer les toxiques.

Si le chat vomit ou présente des troubles gastro intestinaux (ulcères, diarrhée, …) : un traitement symptomatique sera mis en oeuvre. Anti vomitifs, anti diarrhéiques, pansements gastro-intestinaux, anti acides …

En cas d’anémie sévère secondaire à son IRC, votre vétérinaire pourra avoir recours à des anabolisants, une supplémentation en fer, voire une transfusion.

Votre vétérinaire vous prescrira également très certainement un régime alimentaire adapté. Ce régime alimentaire vise à limiter l’apport de protéines et l’apport excessif de phosphore et de sodium. Quand je dis qu’il faut réduire l’apport de protéine, ce n’est pas tout à fait vrai. Il faut continuer à apporter des protéines, mais ces protéines doivent être d’excellente qualité afin de ne pas accélérer le vieillissement des reins. Ces aliments spécifiques sont généralement riches en oméga 3 qui possèdent un effet « anti inflammatoire » naturel bénéfique.

Le gros problème que mes clients rencontrent est que ces aliments sont (il faut le souligner) moins appétissants que les autres aliments. Il faut donc réaliser une transition alimentaire progressive afin d’habituer le chat à sa nouvelle alimentation. S’il refuse catégoriquement l’alimentation de type « rénal », on essaiera de trouver une alternative acceptable car mieux vaut qu’il mange quelque chose de moins adapté plutôt que ne rien manger du tout.

Il faut aussi essayer de donner une alimentation humide en boites ou sachets fraicheur à son chat. Il existe des boites d’aliments de type « rénal » également. L’alimentation humide est même préférable aux croquettes car les boites et sachets fraicheur contiennent plus d’eau et contribuent donc à la réhydratation du chat.

Si le chat refuse de s’alimenter, votre vétérinaire vous proposera peut être de lui placer une sonde (un tube) dans l’estomac afin de le forcer à manger.

Je sais que l’alimentation est un sujet de discorde avec son véto. Le chat insuffisant rénal a par définition un appétit capricieux. Et votre véto vous demande de lui donner un aliment peu appétent (ceci dit, les différentes marques d’aliments ont fait des efforts en matière d’appétence, il suffit parfois de tenter différentes marques pour trouver leur bonheur). Je le dis donc ici et je crois que tous mes confères et consoeurs seront d’accord pour dire la même chose : OUI, dans la mesure du possible il ne faut donner que l’aliment rénal à votre chat, si possible sous forme de boites, sinon sous forme de croquettes. C’est vraiment mieux pour sa santé, et c’est la seule et unique alimentation qui optimisera ses chances de ne pas refaire de crise urémique et qui évitera que la maladie ne progresse plus rapidement. MAIS, effectivement, si vous avez tout essayé, il vaut mieux que votre chat mange autre chose plutôt qu’il ne mange pas du tout. Ce qui semble logique. Mais c’est moins bien. Voilà, on fait comme on peut, mais l’alimentation diététique rénale, c’est vraiment mieux.

Des médicaments seront très certainement prescrits à votre chat.

Des IECA (Inhibiteurs de l’Enzyme de Conversion de l’Angiotensine), des chélateurs de phosphores (pour éviter que le phosphore n’augmente dans le sang), des supplémentations en potassium, des médicaments « tampons » pour éviter l’acidose, des probiotiques, des complexes multivitaminés, des hypotenseurs, des compléments permettant de freiner l’hyperparathyroïdie (hyper sécrétion de la glande parathyroïde) secondaire à l’IRC…

Tous ces médicaments sont à donner selon la prescription de votre vétérinaire. On ne donne pas tout et n’importe quoi, à n’importe quel stade. Parlez et discutez avec votre véto, c’est le meilleur allié de votre compagnon.

C’est un peu difficile de vous expliquer le fonctionnement et l’utilité de tous ces différents médicaments dans un article « vulgarisé ». Si vous vous intéressez à celà, demandez à votre véto, je suis certaine qu’il arrivera à vous expliquer pourquoi il donne tel ou tel médicament à votre chien dans son cas bien précis, avec des mots simples.

Je m’attarde cependant un peu plus sur les IECA, car c’est vrai que ce médicament fait quasi systématiquement partie du traitement des chats souffrant d’IRC. Il existe plusieurs IECA disponibles, et plusieurs labos qui les fabriquent, donc plusieurs noms de médicaments possibles. Pour les reconnaitre et savoir de quoi je parle, c’est facile : le principe actif de ces médicaments se termine par « -pril ». Ces médicaments diminuent la pression artérielle et la pression au niveau des reins, et en parallèle ils augmentent le flux sanguin rénal et le taux de filtration des reins. Les IECA permettent de réduire la protéinurie (présence de protéines dans les urines) si elle est présente. La protéinurie est, en effet, en plus d’un signe de lésion rénale, un facteur aggravant de l’IRC. C’est donc un très bon allier dans le traitement de l’IRC. Traitement qui, je le rappelle, n’est que palliatif, car les lésions déjà en place sont irréversibles, et la maladie évolue inexorablement. On ne peut qu’en ralentir le processus.

Les effets indésirables secondaires des IECA sont : apathie, ataxie, tremblements, incoordination, anorexie, vomissements et diarrhée. Ces effets secondaires sont généralement des signes d’hypotension et/ou d’azotémie (présence d’azote dans le sang, qui peut être la conséquence d’une diminution du taux de filtration des reins suite à l’hypotension).

Il est donc très important de faire contrôler régulièrement votre chat chez votre vétérinaire. Car si on utilise très fréquemment ces médicaments pour tenter de pallier à l’IRC, on se doit également d’en moduler les effets secondaires rares, mais possibles.

Et la dialyse? Et la greffe de rein?

Une dialyse serait possible, dans l’absolu. Le hic est que le matériel de dialyse coûte un bras, et qu’à ma connaissance il n’y a qu’un seul centre d’hémodialyse en France, à l’Ecole Nationale Vétérinaire de Lyon. Et dans ce centre, on ne réalise de dialyse que sur des cas d’IR aiguë. A oublier, donc … pour le moment.

La greffe de rein quant à elle est techniquement possible, oui. Mais pas en France, ou du moins, pas actuellement. C’est une chirurgie qui commence à être pratiquée dans les pays anglosaxons, via des chats donneurs. A oublier aussi, donc … pour le moment.

OK, mon véto a donné un traitement à mon chat, on se revoit quand?

La réponse, c’est SOUVENT, malheureusement. Un chat sous traitement d’IRC doit être revu fréquemment par son véto. Une semaine à dix jours après la mise en place du traitement, pour un contrôle sanguin, généralement, puis aussi souvent que votre véto ne le jugera nécessaire. Mais au moins deux à trois fois par an, quand tout va bien et que l’animal est stable.

Les visites de contrôle ont pour but de contrôler physiquement votre chat (le peser, juger de son taux d’hydratation, mesurer sa pression artérielle, …) et de réaliser des examens de laboratoire (prise de sang : biochimie sanguine et numération formule sanguine, analyses d’urines, …) qui permettront à votre véto de déterminer la réponse au traitement et d’évaluer la condition de votre chat. Son traitement sera donc modulé et adapté en fonction des résultats de ces différents examens.

A quoi dois-je être attentif au jour le jour?

Vous devez être attentif à tout signe potentiel d’aggravation de la maladie de votre chat : augmentation de la soif, augmentation de la quantité d’urine émise, baisse d’appétit, amaigrissement, vomissements, …

Quel pronostic pour mon chat?

C’est très difficile pour moi de vous donner un pronostic dans un article généraliste. C’est votre vétérinaire, qui connaît votre chat, et a devant lui le cas unique de votre chat, qui pourra réellement vous donner un pronostic aux vues de l’état de votre compagnon, de ses résultats d’analyses, et de sa réponse à son traitement.

Le pronostic va évidement dépendre de l’étendue des lésions rénales et du traitement mis en place.

MAIS, la « pas trop mauvaise nouvelle » est que la durée de vie du chat souffrant d’IRC diagnostiqué précocement et qui reçoit un traitement adapté peut être très longue, de plusieurs années.

Un chat qui est malade d’IRC ne souffre pas, en général, sauf en phase terminale, c’est à dire quand les reins ne fonctionnement plus du tout et que les taux d’urée sont très importants. Le chat est alors comateux, très nauséeux, voire il convulse. A ce stade, on ne pourra malheureusement plus faire grand chose.

En conclusion?

Si votre chat souffre d’IRC :

– Ne loupez pas les visites de contrôle chez votre vétérinaire, même s’il vous semble aller bien. Toute légère augmentation de ses paramètres, la moindre perte de poids, … nous amènera à modifier son traitement, pour son bien, et pour augmenter son espérance de vie.

– Soyez strict quant à son traitement et son alimentation. Ce n’est vraiment pas une stratégie marketing de votre vétérinaire de vous obliger à lui donner de la nourriture adaptée.

Et dépistez la maladie le plus tôt possible! En effet, au plus tôt on prend la maladie en charge, au plus longue sera l’espérance de vie de l’animal. C’est la raison pour laquelle il est conseillé de faire réaliser un bilan sanguin et urinaire annuel à partir de l’âge senior (au plus tard dès l’âge de 10 ans) pour la grande majorité des chats.

Femme enceinte et séro-négative toxoplasmose …

4 Juil

A la demande de Nanette (http://www.leshumeursdenanette.fr/), voici un article « remasterisé » sur la toxoplasmose…

Nombre de mes clientes sont souvent paniquées lorsqu’elles tombent enceintes (pourquoi dit on d’ailleurs « tomber » enceinte?), ont un chat chez elles, et sont séronégatives pour la toxoplasmose. Car souvent, elles sont TRES mal informées.

De moins en moins de médecins vont désormais recommander à une femme enceinte séronégative pour la toxo de se séparer de son chat. On peut clairement dire à l’heure actuelle que c’est tout à fait ridicule. Il suffit de comprendre ce qu’est la toxoplasmose et comment elle se transmet pour arrêter de paniquer.

Comme je suis maman également, ce sujet me touche particulièrement car je sais à quel point on peut gamberger durant sa grossesse … Que celles qui sont dans ce cas ne se rassurent pas tout de suite car après, quand il/elle est né(e), c’est encore pire! (HAHAHAAA! *rire sadique*) ;-)

 

Lorsqu’une femme désire être enceinte, son médecin lui fait faire toute une batterie de tests sanguins, dont une recherche sérologie toxoplasmose.

Si cette femme est positive pour la toxoplasmose avant sa grossesse, cela signifie qu’elle a fait, un jour, la toxo et qu’elle est désormais immunisée. Elle peut donc désormais dormir sur ses deux oreilles. Elle et ses futurs bébés ne risquent plus rien.

Si elle est négative pour la toxo, il faudra qu’elle fasse attention et suive des règles strictes de prévention. Il n’y a pas de vaccin contre la toxoplasmose. On suivra donc à intervalle régulier son statut sérologique toxo durant sa grossesse.

 

Qu’est ce que la toxoplasmose?

La toxoplasmose est une maladie due à un parasite : le toxoplasme.

Cette maladie passe le plus souvent inaperçue. La plupart du temps on se contamine et on fait la maladie sans s’en rendre compte. On est juste un peu plus fatiguée que d’habitude…

Cette maladie n’est pas grave du tout … sauf chez la femme enceinte si le parasite contamine le fœtus. La toxo peut également être grave chez les personnes immunodéprimées (personnes atteintes du SIDA, greffées, ou traitées par des médicaments qui affaiblissent leur système immunitaire).

Une maman peut donc être contaminée durant sa grossesse. Le toxoplasme peut passer la barrière placentaire et contaminer le bébé en intra utéro.

En France, on estime qu’environ une femme sur deux en âge de procréer n’est pas protégée.

La toxoplasmose se transmet à la femme (et à l’homme aussi hein, mais eux on s’en fout!) par ingestion orale du parasite ou de ses oeufs, c’est à dire via l’ingestion de fruits ou légumes contaminés et mal lavés, de viande crues, ou directement via les selles d’un animal infesté. C’est là que le chat rentre en ligne de mire. Mais nous allons rapidement démontrer qu’il est loin d’être le plus coupable!

Le chat s’infecte en mangeant de la viande infectée (boeuf, porc, mouton, cheval, ou en chassant des oiseaux, des souris ou des rats).

Le chat peut aussi s’infecter en ingérant des toxoplasmes qui ont été excrétés par des autres animaux infectés.

Les toxoplasmesse logent dans l’intestin grêle du chat, et s’y reproduisent. Le chat éliminera ensuite dans l’environnement des quantités de formes enkystées du parasite qui contaminent les végétaux, la terre et les autres animaux herbivores. Il n’y a donc que les éléments souillés par les excréments du chat qui représenteront un facteur de risque.

Tous les chats ne sont évidement pas porteurs du parasite et les chats d’intérieur qui ne consomment pas de viande crue ne sont pas source de risque.

En fait, la principale source d’infection de l’homme vient de la consommation de viande mal cuite et d’un manque d’hygiène.

L’environnement contaminé par les selles de chat porteur de la toxoplasmose est très rarement mis en cause. On considère que seulement 0,1% de toutes les contaminations confondues par le toxoplasme sont dûes aux selles de chat.

 

Alors, quelles sont les règles d’hygiène à adopter si vous êtes enceinte et séronégative pour la toxo?

Comme on sait que la toxo se transmet principalement par les aliments mal cuits :

– Cuisez bien votre viande à coeur

– Ne mangez pas de charcuterie crue

– Lavez les fruits et légumes avec précaution si vous voulez les manger crus

– Lavez vous les mains après avoir manipulé de la viande crue

– Comme le parasite peut se trouver dans la terre via les selles d’animaux contaminés excréteurs : lavez vous les mains après avoir jardiné

– Et bien sûr, lavez vous les mains avant chaque repas

 

Quant à votre chat, gardez le, bien sûr! Mais :

– Ne changez pas vous même sa litière, profitez en pour demander à votre compagnon de le faire à votre place, voilà un très bon prétexte! (qu’il bosse un peu lui aussi, nanmého!)

– N’entreposez pas sa litière dans la cuisine

– Nourrissez votre chat avec des croquettes ou des conserves, pas avec de la viande crue!

Et si votre gynéco vous soutient le contraire … envoyez le moi! Je saurai le recevoir avec les honneurs qu’on lui doit si il vous fait paniquer sans raison dans ces moments où vous avez juste de besoin de calme et de volupté (et de luxe aussi, mais ça, c’est notre côté princesse-forever)…

Et voilà! … Rassurées??