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La leishmaniose gagne du terrain

11 Mai

Les spécialistes de la leishmaniose se sont réunis fin avril pour faire le point sur cette maladie.

Ils rapportent une augmentation du nombre de cas de leishmaniose canine, avec une zone d’enzootie qui couvre 32 départements du sud de la France fin 2011.

On observe non seulement une augmentation du nombre de cas, mais aussi une extension de la zone à risque.

En plus de ces 32 départements du Sud, des cas de leishmaniose canine ont été rappoortés dans 31 autres départements français. Même maladie, mêmes symptomes.

Comme on observe maintenant des cas en Europe du Nord (sur des animaux infestés dans le Sud), et aux vues du réchauffement climatique qui peut engendrer une remontée géographique de l’habitat des phlébotomes (les insectes qui transmettent la leishmaniose), il y a de quoi s’inquiéter!

 

 

L’inquiétude, même si elle est justifiée pour nos animaux, s’étend au risque de transmission à l’homme, car, en effet, la leishmaniose est une zoonose (maladie transmissible à l’espèce humaine), avec l’animal comme « réservoir ».

On surveille également de près le role du chat, du loup, du lynx, du rat, … afin d’identifier leur impact exact dans la transmission de la leishmaniose à l’homme.

Les recommandations de LeishVet (le groupe d’études vétérinaire sur la leishmaniose) sont simples : une seule arme : la prévention!

Et la meilleure des préventions contre la leishmaniose est toujours la même :

– utiliser des insecticides répulsifs (c’est à dire : pipettes spot on et/ou spray et/ou collier à utiliser sur votre chien et votre chat),

– minimiser le risque d’exposition des chiens aux phlébotomes (les garder le plus possible à l’intérieur tôt le matin et à la tombée de la nuit, période d’activité maximale des phlébotomes),

– et la vaccination au moyen du vaccin Cani-Leish® de Virbac dans les zones à risque.

Source : wk-vet.fr

Les crises convulsives chez nos animaux domestiques

25 Avr

Un chien, un chat, un furet, … leur organisme est à 100% semblable au notre.

C’est pourquoi, potentiellement, nos animaux domestiques peuvent souffrir de toutes les maladies dont nous pouvons souffrir nous.

Les crises convulsives ne sont pas rares chez nos compagnons à 4 pattes. Mais elles ne se traduisent pas toujours de manière très caractéristique.

Lors d’une crise généralisée, l’animal perd connaissance, « tombe » sur le côté, tous ses muscles se contractent en même temps : il convulse. Il peut aussi abboyer, « vocaliser », uriner, baver, déféquer en même temps. Cette crise est donc très impressionante. Au bout de quelques secondes (qui peuvent paraitre bien longues), voire au maximum quelques courtes minutes, les convulsions se calment, l’animal reprend connaissance. Votre compagnon peut sembler totalement déconnecté après sa crise, et son comportement sera ensuite très variable : allant de l’excitation extrême (il se déplace sans cesse) à l’abattement (il est totalement inactif).

Lors d’une crise convulsive partielle, on n’observe pas la crise dans son intégralité. L’animal peut simplement saliver, ou avoir des mouvements involontaires d’une seule patte, ou d’un seul groupe musculaire. Ces crise là ne sont donc pas facilement identifiables.

A quoi est-ce du?

La crise convulsive en tant que telle est déclenchée par une hyper-excitation (décharge électrique) d’une portion ou de la totalité des neurones (cellules nerveuses du cerveau).

 

 

Cette décharge électrique anormale peut provenir :

– Soit d’une lésion primaire du tissu du cerveau. Lors d’un choc par exemple (traumatisme cranien), ou d’une hémorragie, ou lors d’un AVC (quand un vaisseau sanguin est obstrué). La lésion peut également provenir d’un phénomène infectieux/inflammatoire (encéphalite) ou d’une tumeur cérébrale.

– Soit d’une anomalie externe au tissu du cerveau, mais auquel le cerveau va répondre de manière secondaire. Lors d’une hypoglycémie par exemple. Le taux de sucre est trop bas, et le tissu cérébral est totalement sain, mais comme il a besoin de glucose pour fonctionner correctement, il entre en état de choc. On rencontre également ce type de crise convulsive lors d’un trouble hépatique (du foie) ou lors d’une intoxication.

– Soit il n’y a aucune anomalie au niveau du cerveau ou ailleurs, mais ce sont les cellules cérébrales elles mêmes qui sont trop réactives. On parle alors d’hyperexcitabilité des neurones, ou d’épileptie essentielle, ou d’épileptie idiopathique.

Mon animal convulse : que faire?

Une crise convulsive généralisée, cela ressemble à ça :

 

 

Oui, je sais, c’est un peu violent. Ce qu’il faut se dire déjà, c’est que le chien est totalement inconscient durant sa crise et qu’une crise n’est pas douloureuse pour l’animal.

Si votre animal convulse, gardez votre calme. Paniquer, cela ne sert à rien. Il ne faut surtout pas secouer votre chien pour tenter de le réveiller car cela risquerait d’amplifier la crise.

Le mieux à faire est … de ne rien faire. Cela peut paraitre bizarre mais c’est vrai. Si vous voulez aider votre animal, éteignez la lumière, ne criez pas, restez calme. Il faut au maximum éviter de le stimuler. La crise passera d’autant plus facilement que son système nerveux ne sera pas stimulé par autre chose.

Ne tentez pas non plus de lui sortir la langue. Car comme il est inconsicent et qu’il est pris de contractures musculaires involontaires, votre animal risque de vous mordre sans s’en rendre compte. De plus, cela ne sert à rien car lors d’une crise, votre animal ne risque pas (comme chez l’homme) de « s’étouffer avec sa langue ».

Une fois la crise passée et lorsque votre animal aura repris ses esprits, prenez rendez vous rapidement chez votre vétérinaire. En effet, il est indispensable de savoir pourquoi cette crise s’est produite. Et il faut éviter qu’une autre crise succède à la première. Pour se faire, votre véto administrera très certainement des anti-convulsivants à votre compagnon, l’examinera sous tous les angles, réalisera un examen neurologique approfondi et lui fera probablement des examens complémentaires (prise de sang et analyses diverses).

 

L’insuffisance rénale chronique chez le chien

4 Jan

Petite remarque au préalable : je ne parlerai ici que de l’insuffisance rénale chronique et non de l’insuffisance rénale aiguë. L’organe est le même, mais les causes, les mécanismes et le pronostic sont sensiblement différents.

Deuxième petite remarque : cet article est destiné au grand public. Je tenterai d’expliquer brièvement et simplement la maladie sans rentrer dans les détails.

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Le rein est un organe qui filtre le sang et qui est chargé de le détoxifier en éliminant les toxines (les déchets) produits par l’organisme. Quand je dis « le rein », je parle en fait DES reins, présents en nombre normal de deux.

Les reins filtrent donc le sang pour le transformer en urine, qui est stockée dans la vessie via les uretères et est ensuite éliminé lors de la miction (« acte d’uriner ») par l’urètre.

Lorsque le rein est défaillant, il ne peut plus filtrer le sang et les toxines s’y accumulent (dans le sang).

Quel talent! (non?)

L’insuffisance rénale chronique est une maladie qui touche le plus souvent les chiens âgés. Ou lors d’anomalies congénitales (anatomiques ou fonctionnelles) chez des jeunes animaux.

L’insuffisance rénale chronique se met en place petit à petit : le rein est détruit progressivement. On diagnostique souvent cette maladie à un stade avancé de la maladie car l’organisme du chien a tendance à compenser et à tolérer de lentes augmentations des toxiques dans le sang, jusqu’à un certain stade … où il est souvent peu aisé de faire machine arrière.

Quelle en est la cause?

On n’arrive souvent pas à expliquer la cause primaire de l’IRC (Insuffisance Rénale Chronique) : il s’agit d’un vieillissement prématuré (ou non) de cet organe. Par contre, on sait que des facteurs extérieurs peuvent aggraver et accélérer la maladie : la déshydratation, l’ingestion de toxiques ou de médicaments qui vont détruire le rein, des infections urinaires chroniques, des calculs urinaires (rénaux, urétéraux ou urétraux), des tumeurs rénales, de l’hypertension, …

Quels en sont les symptômes?

Un chien qui souffre d’IRC boit et urine généralement beaucoup (on appelle cela dans le jargon médical un syndrome de « polyurie – polydypsie »). Il est KO, mange peu et peut même vomir fréquemment. Il maigrit et se déshydrate malgré qu’il boive beaucoup.

Le hic est que les symptômes n’apparaissent que lorsque plus de 2/3 du rein n’est atteint. Vous vous rendez donc compte que la maladie est souvent diagnostiquée tard dans le processus.

Comment diagnostiquer l’IRC?

En se rendant chez son vétérinaire, évidemment! Car, sur base des symptômes que vous lui décrirez, votre véto vous proposera probablement de réaliser des examens complémentaires. En général, on réalise quasi systématiquement une prise de sang et une analyse urinaire.

L’analyse sanguine montrera une augmentation de toxiques éliminés généralement par le rein sain mais que le rein malade ne peut plus filtrer (urée, créatinine). C’est l’augmentation de ces toxiques dans le sang qui fait que l’animal ne mange plus ou mange moins et qu’il soit nauséeux.

On observe aussi souvent des variations dans l’ionogramme (les ions sanguins : calcium, phosphore, sodium, potassium, chlorure, …) ainsi que des troubles de l’équilibre acido-basique. Très compliqué à expliquer tout ça, mais sachez que ces différents paramètres, dosés par votre vétérinaire dans la prise de sang, permettent d’affiner le diagnostic, de caractériser la gravité des lésions et de donner un pronostic vital à votre compagnon.

On réalise aussi fréquemment une numération formule sanguine. Un chien souffrant d’IRC sévère présentera de l’anémie. En effet, l’érythropoïétine (EPO) est une hormone produite par le rein et dont le rôle est de stimuler la production de globules rouges par la moelle osseuse. On comprend donc qu’un animal dont les reins souffrent synthétisera moins d’EPO, et donc, sa production de globules rouges diminuera, d’où l’anémie.

D’autres examens vous seront peut-être proposés afin de mieux caractériser les lésions ou de poser un pronostic précis, comme une radiographie abdominale, une échographie afin de visualiser l’état des reins, une mesure de la pression artérielle, …

Quel est le traitement de l’IRC?

Il est important de comprendre que le pourcentage de tissu rénal qui est détruit au moment du diagnostic d’IRC l’est de manière irréversible. Malgré cela, un traitement est possible et le chien peut être stabilisé et vivre des années sous traitement. Le traitement réduira les symptômes, augmentera la qualité et la durée de vie du chien.

Le traitement mis en oeuvre dépendra du stade d’IRC.

Je vous ai expliqué précédemment qu’un chien souffrant d’IRC pouvait se déshydrater. Cela provient du fait que, comme les reins sont malades, ils ne peuvent plus retenir suffisamment l’eau de l’organisme. Le chien urine donc beaucoup. Il boit également beaucoup pour compenser ces pertes urinaires. Mais comme il mange moins, vomit ou a de la diarrhée, les pertes en eau sont plus importantes que sa prise de boisson, donc, le chien se déshydrate. Or, cette déshydratation est néfaste pour les reins car elle diminue le débit de filtration et l’oxygénation de ces organes.

Votre vétérinaire vous proposera donc peut être d‘hospitaliser votre chien sous perfusion. La perfusion permettra de réhydrater l’animal, de réaugmenter le débit de filtration des reins et de forcer les reins à éliminer les toxiques.

Si le chien vomit ou présente des troubles gastro intestinaux (ulcères, diarrhée, …) : un traitement symptomatique sera mis en oeuvre. Anti vomitifs, anti diarrhéiques, pansements gastro-intestinaux, anti acides …

En cas d’anémie sévère secondaire à son IRC, votre vétérinaire pourra avoir recours à des anabolisants, une supplémentation en fer, voire une transfusion.

Votre vétérinaire vous prescrira également très certainement un régime alimentaire adapté. Ce régime alimentaire vise à limiter l’apport de protéines et l’apport excessif de phosphore et de sodium. Quand je dis qu’il faut réduire l’apport de protéine, ce n’est pas tout à fait vrai. Il faut continuer à apporter des protéines, mais ces protéines doivent être d’excellente qualité afin de ne pas accélérer le vieillissement des reins. Ces aliments spécifiques sont généralement riches en oméga 3 qui possèdent un effet « anti inflammatoire » naturel bénéfique.

Le gros problème que mes clients rencontrent est que ces aliments sont (il faut le souligner) moins appétissants que les autres aliments. Il faut donc réaliser une transition alimentaire progressive afin d’habituer le chien à sa nouvelle alimentation. S’il refuse catégoriquement l’alimentation de type « rénal », on essaiera de trouver une alternative acceptable car mieux vaut qu’il mange quelque chose de moins adapté plutôt que ne rien manger du tout.

Il faut parfois essayer de donner une alimentation humide en boite à son chien. Il existe des boites d’aliments de type « rénal » également. Les boites sont même préférables aux croquettes car les boites contiennent plus d’eau et contribuent donc à la réhydratation du chien.

Si le chien refuse de s’alimenter, votre vétérinaire vous proposera peut être de lui placer une sonde (un tube) dans l’estomac afin de la forcer à manger.

Je sais que l’alimentation est un sujet de discorde avec son véto. Le chien insuffisant rénal a par définition un appétit capricieux. Et votre véto vous demande de lui donner un aliment peu appétent (ceci dit, les différentes marques d’aliments ont fait des efforts en matière d’appétence, il suffit parfois de tenter différentes marques pour trouver le bonheur de votre chien). Je le dis donc ici et je crois que tous mes confères et consoeurs seront d’accord pour dire la même chose : OUI, dans la mesure du possible il ne faut donner que l’aliment rénal à votre chien, si possible sous forme de boites, sinon sous forme de croquettes. C’est vraiment mieux pour sa santé, et c’est la seule et unique alimentation qui optimisera ses chances de ne pas refaire de crise urémique et qui évitera que la maladie ne progresse plus rapidement. MAIS, effectivement, si vous avez tout essayé, il vaut mieux que votre chien mange autre chose plutôt qu’il ne mange pas du tout. Ce qui semble logique. Mais c’est moins bien. Voilà, on fait comme on peut, mais l’alimentation diététique rénale, c’est vraiment mieux.

Je cite ici les principales marques diététiques d’aliments, parce que c’est mon blog, et que j’y fais ce que je veux ;-)

Hills k/d : croquettes ou boites, Purina Proplan Renal NF : croquettes ou boites, Royal Canin Renal: croquettes ou boites, Specific CKW (boites) et CKD (croquettes), Virbac Renal Dog (croquettes)

     

Je précise que je n’ai aucune préférence pour l’une ou l’autre marque, je les ai classées par ordre alphabétique, voilà tout.

Des médicaments seront très certainement prescrits à votre chien.

Des IECA (Inhibiteurs de l’Enzyme de Conversion de l’Angiotensine), des chélateurs de phosphores (pour éviter que le phosphore n’augmente dans le sang), des supplémentations en potassium, des médicaments « tampons » pour éviter l’acidose, des probiotiques, des complexes multivitaminés, des hypotenseurs, des compléments permettant de freiner l’hyperparathyroïdie (hyper sécrétion de la glande parathyroïde) secondaire à l’IRC…

Tous ces médicaments sont à donner selon la prescription de votre vétérinaire. On ne donne pas tout et n’importe quoi, à n’importe quel stade. Parlez et discutez avec votre véto, c’est le meilleur allié de votre chien.

C’est un peu difficile de vous expliquer le fonctionnement et l’utilité de tous ces différents médicaments dans un article « vulgarisé ». Si vous vous intéressez à celà, demandez à votre véto, je suis certaine qu’il arrivera à vous expliquer pourquoi il donne tel ou tel médicament à votre chien dans son cas bien précis, avec des mots simples.

Je m’attarde cependant un peu plus sur les IECA, car c’est vrai que ce médicament fait quasi systématiquement partie du traitement des chiens souffrant d’IRC. Il existe plusieurs IECA disponibles, et plusieurs labos qui les fabriquent, donc plusieurs noms de médicaments possibles. Pour les reconnaitre et savoir de quoi je parle, c’est facile : le principe actif de ces médicaments se termine par « -pril ». Ces médicaments diminuent la pression artérielle et la pression au niveau des reins, et en parallèle ils augmentent le flux sanguin rénal et le taux de filtration des reins. Les IECA permettent de réduire la protéinurie (présence de protéines dans les urines) si elle est présente. La protéinurie est, en effet, en plus d’un signe de lésion rénale, un facteur aggravant de l’IRC. C’est donc un très bon allier dans le traitement de l’IRC. Traitement qui, je le rappelle, n’est que palliatif, car les lésions déjà en place sont irréversibles, et la maladie évolue inexorablement. On ne peut qu’en ralentir le processus.

Les effets indésirables secondaires des IECA sont : apathie, ataxie, tremblements, incoordination, anorexie, vomissements et diarrhée. Ces effets secondaires sont généralement des signes d’hypotension et/ou d’azotémie (présence d’azote dans le sang, qui peut être la conséquence d’une diminution du taux de filtration des reins suite à l’hypotension).

Il est donc très important de faire contrôler régulièrement votre chien chez votre vétérinaire. Car si on utilise très fréquemment ces médicaments pour tenter de pallier à l’IRC, on se doit également d’en moduler les effets secondaires rares, mais possibles.

Et la dialyse? Et la greffe de rein?

Une dialyse serait possible, dans l’absolu. Le hic est que le matériel de dialyse coûte un bras, et qu’à ma connaissance il n’y a qu’un seul centre d’hémodialyse en France, à l’Ecole Nationale Vétérinaire de Lyon. Et dans ce centre, on ne réalise de dialyse que sur des cas d’IR aiguë. A oublier, donc … pour le moment.

La greffe de rein quant à elle est techniquement possible, oui. Mais pas en France, ou du moins, pas actuellement. C’est une chirurgie qui commence à être pratiquée dans les pays anglosaxons, via des chiens donneurs. A oublier aussi, donc … pour le moment.

OK, mon véto a donné un traitement à mon chien, on se revoit quand?

La réponse, c’est SOUVENT, malheureusement. Un chien sous traitement d’IRC doit être revu fréquemment par son véto. Une semaine à dix jours après la mise en place du traitement, pour un contrôle sanguin, généralement, puis aussi souvent que votre véto ne le jugera nécessaire. Mais au moins deux à trois fois par an, quand tout va bien et que le chien est stable.

Les visites de contrôle ont pour but de contrôler physiquement votre chien (le peser, juger de son taux d’hydratation, mesurer sa pression artérielle, …) et de réaliser des examens de laboratoire (prise de sang : biochimie sanguine et numération formule sanguine, analyses d’urines, …) qui permettront à votre véto de déterminer la réponse au traitement et d’évaluer la condition de votre chien. Son traitement sera donc modulé et adapté en fonction des résultats de ces différents examens.

A quoi dois-je être attentif au jour le jour?

Vous devez être attentif à tout signe potentiel d’aggravation de la maladie de votre chien : augmentation de la soif, augmentation de la quantité d’urine émise, baisse d’appétit, amaigrissement, vomissements, …

Quel pronostic pour mon chien?

C’est très difficile pour moi de vous donner un pronostic dans un article généraliste. C’est votre vétérinaire, qui connaît votre chien, et a devant lui le cas unique de votre chien, qui pourra réellement vous donner un pronostic aux vues de l’état de votre compagnon, de ses résultats d’analyses, et de sa réponse à son traitement.

Le pronostic va évidement dépendre de l’étendue des lésions rénales et du traitement mis en place.

MAIS, la « pas trop mauvaise nouvelle » est que la durée de vie du chien souffrant d’IRC qui reçoit un traitement adapté peut être très longue, de plusieurs années.

Un chien qui est malade d’IRC ne souffre pas, en général, sauf en phase terminale, c’est à dire quand les reins ne fonctionnement plus du tout et que les taux d’urée sont très importants. Le chien est alors comateux, voire il convulse. A ce stade, on ne pourra malheureusement plus faire grand chose.

En conclusion?

Si votre chien souffre d’IRC :

– Ne loupez pas les visites de contrôle de votre chien chez votre vétérinaire, même si il vous semble aller bien. Toute légère augmentation de ses paramètres, la moindre perte de poids, … nous amènera à modifier son traitement, pour son bien, et pour augmenter son espérance de vie.

– Soyez strict quant à son traitement et son alimentation. Ce n’est vraiment pas une stratégie marketing de votre vétérinaire de vous obliger à lui donner de la nourriture adaptée.

Et dépistez la maladie le plus tôt possible! En effet, au plus tôt on prend la maladie en charge, au plus longue sera l’espérance de vie de votre chien. C’est la raison pour laquelle il est conseillé de faire réaliser un bilan sanguin et urinaire annuel à partir de l’âge de 7-8 ans pour les chiens de petites races et dès 5 ans pour les chiens de grandes races.

L’arthrose chez le chien

28 Oct

Un chien sur 5 souffrirait d’arthrose … et le votre?

L’arthrose est une maladie dégénérative du cartilage articulaire. La dégénérescence du cartilage entraîne une néoformation osseuse tout à fait anormale au niveau de l’articulation, qui est à l’origine d’inflammations et de douleurs.

L’arthrose, ÇA FAIT MAL!

Interdit donc de fermer les yeux sur un chien arthrosique et de se contenter de dire « c’est lié à l’âge, on ne peut rien faire »…

L’arthrose est :

– soit congénitale, c’est à dire liée à une anomalie articulaire présente dès la naissance (comme la dysplasie de la hanche, du coude, la luxation congénitale de la rotule, …)

– soit secondaire, c’est à dire liée à une instabilité articulaire acquise, comme par exemple après une fracture, une rupture ligamentaire, une entorse, …

On comprend donc par cette définition que l’arthrose n’est pas uniquement réservée aux chiens âgés. Elle peut également toucher les jeunes adultes, dès l’âge de un an. Et elle peut toucher toutes les articulations (genou, coude, hanche, épaule, tarse, carpe, intervertébrales, …).

On suspecte l’arthrose chez un chien qui présentera des douleurs ou des raideurs articulaires « à froid », c’est à dire que la boiterie sera plus intense « au démarrage » et se calmera légèrement une fois le chien « mis en route ».

Petit à petit, le chien aura tendance à se déplacer de moins en moins, à ne plus jouer, … et l’engrenage se met en route.

Car l’arthrose a tendance à empirer avec l’immobilité.

Quand on observe donc ce type de symptômes chez sont chien, on se rend ASAP chez son vétérinaire préféré!

Chez les jeunes animaux, il est important de rechercher les anomalies articulaires du type dysplasie (de la hanche, des coudes) car ces instabilités s’opèrent. L’opération consistant à restabiliser l’articulation et empêcher le développement ultérieur de l’arthrose. Ce dépistage des instabilités articulaires se fait quasi systématiquement maintenant chez les chiens de races prédisposées, à savoir les chiens de grandes races de type Labrador, Berger Allemand, Golden Retriever, Rottweiler, …

Une cause aggravante de l’arthrose est la surcharge pondérale chez le chien. En effet, un chien obèse est trop lourd pour ses articulations, qui s’usent donc plus vite. Et un chien obèse se déplace moins. Or on sait maintenant que le mouvement est essentiel pour retarder l’apparition de l’arthrose. Un animal souffrant d’arthrose sera donc systématiquement mis au régime s’il est trop gros!

Comment soigner l’arthrose?

L’arthrose ne se soigne pas. Pas de désillusions donc, une fois qu’elle est installée on ne peut plus la déloger. On ne peut que soulager le chien. Mais les traitements actuels sont très efficaces et permettent clairement d’améliorer la qualité de vie de votre compagnon.

Le traitement de l’arthrose est un traitement de fond, donc à long terme. Il ne faut donc pas s’attendre à donner un comprimé pendant 5 jours et à ne plus avoir de problèmes par la suite.

La prise en charge de l’arthrose jongle entre différents éléments.

Anti-inflammatoires

Non stéroïdiens ou corticoïdes, tout dépend du stade et de l’ordonnance de votre vétérinaire. Les anti-inflammatoires sont utilisés pour la gestion de l’inflammation et donc de la douleur arthrosique.

L’activité physique

Je l’ai déjà évoqué mais maintenir une activité physique du chien arthrosique est essentielle. Pas d’efforts violents ni de courses d’endurance, bien sûr! Mais des déplacements aisés, courts, lents et réguliers. C’est le mouvement qui permet au cartilage de se nourrir et de se régénérer. Et le mouvement permet au chien d’éviter de se démuscler par manque d’exercice. La natation est une excellente solution car elle permet de mobiliser les articulations sans contraintes. L’hydrothérapie est donc un très bon traitement adjuvant de l’arthrose.

Les chondroprotecteurs ou protecteurs de cartilages (chondroïtine sulfate, glucosamine, …)

Ces traitements sont utilisés pour favoriser la régénération du cartilage par le liquide synovial (liquide des articulations). On les utilise sur des longues durées, en cures, voire même en continu.

Il existe également des protocoles injectables (ARA 3000 beta) qui ont un effet antalgique et anti-inflammatoire naturel, que votre vétérinaire vous proposera peut-être si cette solution est adaptée à votre animal.

La médecine naturelle, comme l’homéopathie peut également être utilisée en traitement adjuvant. Homeoartril® TVM ou PVB Rhumatismes® chez Boiron (Rhus toxicodendron 5 CH, Bryonia 5 CH, Dulcamara 3 CH, Apis mellifica 4 CH, Ruta graveolens 4 CH, Arnica montana 4 CH, Ledum palustre 4 CH).

D’autres traitements naturels existent, toujours en traitement de soutien et de fond, adjuvant, tels que la griffe du diable (si si! ce n’est pas une blague!), des extraits de moule verte de Nouvelle Zélande (pas une blague non plus, je vous jure que c’est vrai, on est loin du 1er avril!) ou de l’écorce de saule blanc. Je n’ai pas réellement d’avis sur ces traitements de phyto mais je me dis toujours que ça ne peut que faire du bien, alors pourquoi ne pas essayer?

La PIF (ou Péritonite Infectieuse féline)

14 Oct

La Péritonite Infectieuse Féline (ou PIF pour les intimes) est une maladie virale qui affecte essentiellement les jeunes chats (moins de 2 ans).

C’est une maladie très grave, mortelle.

On distingue deux formes de PIF, l’une appelée PIF humide et l’autre PIF sèche (par opposition).

La PIF humide (dans 75% des cas de PIF environ) est nommée de la sorte car elle va causer des vascularites, c’est à dire des inflammations des vaisseaux sanguins, ce qui aura pour conséquence la formation d’épanchements liquidiens. Les cavités anatomiques normales (thorax, abdomen, …) du chat vont se remplir de liquide. Vous le comprenez donc : du liquide en quantité abondante dans le thorax va induire une gène voire une détresse respiratoire. Et le liquide dans l’abdomen va induire des troubles digestifs, ainsi que des troubles dans le fonctionnement des différents organes abdominaux.

La PIF sèche est appelée ainsi en opposition à la PIF humide car elle peut atteindre n’importe quel organe, sans collections liquidiennes associées. Et chaque organe atteint sera dès lors défaillant. On peut donc observer des troubles digestifs si ce sont les intestins qui sont touchés, des troubles oculaires si ce sont les yeux qui sont touchés, des troubles hépatiques (avec ou sans ictère) si le foie est touché, etc. Ces organes peuvent être atteints séparément ou collectivement.

C’est en gros, un résumé un peu simpliste des symptômes car à vrai dire, la PIF n’est pas une maladie aussi simple à résumer tant ses manifestations peuvent être variées. Son diagnostic n’est pas toujours évident pour nous, vétérinaires.

Comment un chat contracte-t-il la PIF?

Déjà, sachez que la PIF ne se transmet que de chat à chat. Elle n’est pas contagieuse pour l’homme et ne se transmet pas au chien.

Ensuite, elle se transmet entre chat par contact direct (par les selles, la salive, par inhalation, …) ou indirect (via un objet infecté). On pense qu’elle peut se transmettre également in utéro, de la chatte à ses chatons.

La PIF est en fait un virus mutant de famille des coronavirus. Le coronavirus est un virus qui causera une affection tout à fait bénigne de diarrhée passagère. La plupart des chats infectés par le FeCV (Feline Coronavirus) ne développeront même aucun symptômes.

Cependant, parfois, lorsqu’il se transmet de chat à chat, ce virus peut muter du FeCV (forme bénigne du coronavirus) en FIPV (forme PIF du coronavirus).

Le risque de cette mutation est plus élevé chez les jeunes chats et les chats âgés (parce que leur système immunitaire est moins compétent, on pense), et également chez les sujets immunodéprimés.

C’est la raison pour laquelle la PIF atteint plus facilement un chat jeune (de moins de 3 ans), âgé, ou porteur du FIV ou du FeLV. Le stress (qui diminue aussi l’efficacité du système immunitaire) peut également favoriser le développement de la maladie.

Il n’y a pas de vaccin contre la PIF en France. Ce vaccin est disponible en Belgique et en Amérique du Nord, mais il est très controversé dans son efficacité.

Le diagnostic de la PIF se fera entre autre par un test de dépistage Coronavirus. Mais ce test ne peut pas faire la différence entre le FeCV et le FIPV. Si ce test est négatif, ok, votre chat ne fait pas une PIF. Par contre si ce test est positif, cela veut dire que soit votre chat fait une PIF, soit qu’il a un jour rencontré la forme bénigne de coronavirus, ce qui ne servira pas à grand chose…

D’autres examens seront dès lors demandés par votre vétérinaire et si les symptômes collent avec les différentes données des différentes analyses de laboratoire effectuées, on pourra dire sans doute que oui, le chat souffre bien d’une PIF.

Quel en est le traitement?

Malheureusement, il n’y a aucun traitement de la PIF. La PIF est mortelle chez 100% des chats atteints. On peut utiliser des corticoïdes et des traitements symptomatiques mais tous ces traitements ne sont que palliatifs et jamais curatifs.

Le plus beau des textes jamais écrits ... et le plus beau des films (LE rôle de la laïfe de Depardieu)!

Il n’est pas trop tard pour faire vacciner votre chien contre la Piroplasmose si vous habitez une zone à risque!

14 Mai

Je vous ai déjà parlé de la Piroplasmose ICI, ICI, ICI, et encore ICI.

Pour rappel (parce que bien sûr, vous étudiez tous mes posts par coeur! lol), la carte ci dessous renseigne les zones les plus touchées par la Piroplasmose.

Si vous observez bien, vous remarquerez que la région parisienne figure parmi les régions les plus touchées (colorées en bleu foncé) par la Piroplasmose (maladie parasitaire transmise par les tiques).

Il existe deux vaccins contre la Piroplasmose, d’égale efficacité.

Le Pirodog.

Et le Nobivac Piro.

Votre vétérinaire vaccinera donc votre chien au moyen d’un de ces deux vaccins.

Je rappelle donc que le vaccin Piro n’est pas un « vaccin contre les tiques », comme je l’entends parfois dans la bouche de clients, mais un vaccin contre une maladie transmise par les tiques.

Il faut savoir que le vaccin contre la Piro ne se fait pas en même temps que la vaccination « classique » de votre chien (Carré, Hépatite, Parvovirose, …) parce qu’il stimule déjà suffisamment le système immunitaire de votre chien à lui tout seul.  Combiné à d’autres vaccins (à part la rage ou la lepto qui peuvent se faire si nécessaire en même temps que le Pirodog mais à un autre site d’injection), il risque de mettre votre chien complètement KO. Ce n’est donc pas pour son propre plaisir que votre vétérinaire vous demandera de revenir si vous lui parlez de ce vaccin au moment de la visite vaccinale annuelle.

Cette vaccination se fait en deux injections à 3-4 semaines d’intervalle, avec ensuite un rappel annuel ou semestriel selon la zone de risque épidémiologique, et ne se pratique pas avant l’âge de 5-6 mois chez le chiot. Elle peut entraîner un état fébrile et/ou une réaction locale au site d’injection tout à fait passagère.

Comme le vaccin Piro confère une immunité de +/- 6 mois, il est dès lors conseillé de faire vacciner votre chien :

– aux alentours du mois d’avril, si vous ne faites qu’une injection par an, et ce pour avoir une protection jusqu’en octobre. La période de pic d’activité des tiques étant, en France, de mars à octobre.

– en avril et en octobre, si vous désirez une protection tout au long de l’année.

Notez que le vaccin contre la Piroplasmose ne présente pas une efficacité de 100%.

Faire vacciner votre chien ne vous dispense donc pas des traitements anti-tiques classiques (collier, spot on, …) qui restent le meilleur moyen de prévenir l’infestation de votre chien par les tiques et donc de le protéger contre la Piro.

Ceci dit, un chien vacciné, même si il contracte malheureusement la Piro, développera la maladie de manière plus atténuée par rapport à un animal non vacciné.

Rappelons que la Piroplasmose est une maladie mortelle. Donc, si vous vivez ou vous déplacez régulièrement avec votre chien dans une zone à risque, autant mettre toutes les chances de votre et de son côté pour le protéger!

En résumé :

Zone à risque

=

Protection anti-tiques toute l’année

+

Vaccin Piro

Toxoplamose et femme enceinte : mise au point

7 Mai

Nombre de mes clientes sont souvent paniquées lorsqu’elles sont enceintes, ont un chat chez elles, et sont séronégatives pour la toxoplasmose…

De moins en moins de médecins vont désormais recommander à une femme enceinte séronégative pour la toxo de se séparer de son chat. On peut clairement dire à l’heure actuelle que c’est tout à fait ridicule. Il suffit de comprendre ce qu’est la toxoplasmose et comment elle se transmet pour arrêter de paniquer.

Comme je suis maman depuis peu, ce sujet me touche particulièrement car je sais à quel point on peut gamberger durant sa grossesse … et après, quand il/elle est né(e), c’est encore pire! ;-)

Alors, lorsqu’une femme désire être enceinte, on lui fait toute une batterie de tests dont une recherche sérologie toxoplasmose.

Si cette femme est positive pour la toxoplasmose avant sa grossesse, cela signifie qu’elle a fait, un jour, la toxo et qu’elle est désormais immunisée. Elle peut donc désormais dormir sur ses deux oreilles. Elle et ses futurs bébés ne risquent plus rien.

Si elle est négative pour la toxo, il faudra qu’elle fasse attention et suive des règles strictes de prévention. Il n’y a pas de vaccin contre la toxoplasmose. On suivra donc à intervalle régulier son statut sérologique toxo durant sa grossesse.

Qu’est ce que la toxoplasmose?

La toxoplasmose est une maladie due à un parasite : le toxoplasme.

Cette maladie passe le plus souvent inaperçue. La plupart du temps on se contamine et on fait la maladie sans s’en rendre compte. On est juste un peu plus fatiguée que d’habitude…

Cette maladie n’est pas grave du tout … sauf chez la femme enceinte si le parasite contamine le fœtus. La toxo peut également être grave chez les personnes immunodéprimées (personnes atteintes du SIDA, greffées, ou traitées par des médicaments qui affaiblissent leur système immunitaire).

Une maman peut donc être contaminée durant sa grossesse. Le toxoplasme peut passer la barrière placentaire et contaminer le bébé en intra utéro.

En France, environ une femme sur deux en âge de procréer n’est pas protégée.

La toxolpasmose se transmet à la femme (et à l’homme aussi hein, mais eux on s’en fout dans le cas présent ;-) ) par ingestion orale du parasite ou de ses oeufs, c’est à dire via l’ingestion de fruits ou légumes contaminés et mal lavés, de viande crues, ou directement via les selles d’un animal infesté. C’est là que le chat rentre en ligne de mire. Mais nous allons rapidement démontrer qu’il est loin d’être le plus coupable!

Le chat s’infecte en mangeant de la viande infectée (boeuf, porc, mouton, cheval, ou en chassant des oiseaux, des souris ou des rats).

Le chat peut aussi s’infecter en ingérant des toxoplasmes qui ont été excrétés par des autres animaux infectés.

Les toxoplasmes se logent dans l’intestin grêle du chat, et s’y reproduisent. Le chat éliminera ensuite dans l’environnement des quantités de formes enkystées du parasite qui contaminent les végétaux, la terre et les autres animaux herbivores. Il n’y a donc que les éléments souillés par les excréments du chat qui représenteront un facteur de risque.

Tous les chats ne sont évidement pas porteurs du parasite et les chats d’intérieur qui ne consomment pas de viande crue ne sont pas source de risque.

En fait, la principale source d’infection de l’homme vient de la consommation de viande mal cuite et d’un manque d’hygiène.

L’environnement contaminé par les selles de chat porteur de la toxoplasmose est très rarement mis en cause. On considère que seulement 0,1% des contaminations par le toxoplasme sont dûes aux selles de chat.

Alors, quelles sont les règles d’hygiène à adopter si vous êtes enceinte et séronégative pour la toxo?

Comme on sait que la toxo se transmet principalement par les aliments mal cuits :

– Cuisez bien votre viande à coeur

– Ne mangez pas de charcuterie crue

– Lavez les fruits et légumes avec précaution si vous voulez les manger crus

– Lavez vous les mains après avoir manipulé de la viande crue

– Comme le parasite peut se trouver dans la terre via les selles d’animaux contaminés excréteurs : lavez vous les mains après avoir jardiné

– Et bien sûr, lavez vous les mains avant chaque repas

Quant à votre chat, gardez le, bien sûr! Mais :

– Ne changez pas vous même sa litière, profitez en pour demander à votre compagnon de le faire à votre place, voilà un très bon prétexte!

– N’entreposez pas sa litière dans la cuisine

– Nourrissez votre chat avec des croquettes ou des conserves, pas avec de la viande crue!

« Mon chien / Mon chat boit beaucoup …. »

17 Mar

On entend régulièrement cette phrase en consultation : « Docteur, mon chien (ou mon chat) boit beaucoup  » …

Cette phrase peut sembler anodine. Pourtant il est important pour vous et votre animal de pouvoir quantifier le volume d’eau qu’il boit par jour. Votre chien peut boire beaucoup depuis toujours ou se mettre à boire plus de manière plus ou moins brutale. C’est important de le signaler à votre vétérinaire car certaines pathologies font augmenter la prise de boisson. Signalez lui également si cette augmentation s’est faite de manière subite ou progressive.

Une augmentation subite de la soif entraîne la recherche d’éléments favorisants : la chaleur, l’effort physique, de la fièvre, une prise nouvelle de médicaments, un changement alimentaire pour une ration exclusivement sèche (croquettes), …

Si l’augmentation est progressive (sur plusieurs jours voire plusieurs semaines), c’est souvent le premier symptôme d’une maladie. Elle sera très fréquemment associée à une augmentation de la quantité d’urines émises. On parle alors de syndrome polyuro-polydipsique. Le chien peut même se mettre à faire ses urines à l’intérieur la nuit voire même la journée alors qu’avant il était propre.

Les causes peuvent être diverses, mais sont souvent pathologiques : infection utérine chez la femelle non stérilisée, insuffisance rénale, diabète, …

Quoi qu’il arrive, ne limitez jamais l’absorption d’eau de votre animal en lui retirant sa gamelle sans l’aval de votre vétérinaire. Boire plus est souvent pour eux un besoin vital compensatoire!

Un chien boit en moyenne 50 à 70 mL d’eau par kilo de poids corporel et par jour. Un chat boit entre 40 et 60 mL d’eau par kilo de poids et par jour.

Si la prise de boisson quotidienne est supérieure à 100mL d’eau par kg, on parle de polydipsie.

Par exemple donc, pour un chien de 10kg, boire plus de (100mL x 10kg = 1000mL) 1 litre d’eau par jour est anormal.

Si c’est le cas de votre animal, vous devez prendre rendez vous chez votre vétérinaire. La prise anormale de boisson est une raison nécessaire et suffisante de consultation.

Pour calculer la quantité de boisson bue par votre animal par jour, rien de plus simple. A l’aide d’un verre doseur, mettez dans sa gamelle une certaine quantité d’eau. Changez son eau au moins toutes les douze heures. Mesurez à chaque fois la quantité d’eau que vous avez retirée, afin de la soustraire à la quantité d’eau de départ. Faites ce test sur 3 à 4 jours et faites ensuite une moyenne de la quantité journalière bue

Le bilan gériatrique : prévenir pour mieux guérir!

9 Sep

Grâce aux soins réguliers que nous leur apportons et à la sensibilisation des propriétaires sur les bilans réguliers de santé, nos chats et nos chiens vivent plus longtemps qu’avant. Il n’est plus rare actuellement de voir dans nos clientèles des chats atteignant l’âge de 20 ans et des chiens dépassant la quinzaine d’années…

Certaines affections liées à l’âge peuvent, pour eux (comme pour nous!) être retardées grâce à un bilan préventif. Ce qui permet de garder nos animaux plus longtemps, certes, mais également dans de meilleures conditions. Leur qualité de vie n’en sera que meilleure.

Quasi toutes les cliniques vétérinaires proposent actuellement une consultation de « bilan gériatrique ».

Quand réaliser ce bilan?

Ce bilan est à envisager lorsque votre animal dépassera un certain âge, en fonction de sa race et de sa taille. L’âge moyen est déterminé par le « seuil de sénescence », représenté dans le tableau ci dessous par la ligne bleue au tracé irrégulier.

Vous observerez que l’âge du seuil de sénescence correspond, pour un chat, à l’âge de 10-11 ans, alors que pour un grand chien (de race Dogue Allemand par exemple), cet âge sera compris entre 6 et 7 ans. Il est donc important de réaliser ce bilan au bon moment, et ce moment dépend de la race, et de l’espèce (donc du poids) de votre chien ou de votre chat.

Pourquoi réaliser ce bilan?

Il est certain qu’un un bon suivi médical de votre animal passe, d’abord, et ce depuis son plus jeune âge, par des vaccinations
régulières, une protection anti-parasitaire interne et externe systématique, des soins buco-dentaires réguliers, un exercice physique adapté, et une alimentation de qualité.

Le bilan gériatrique a pour but de prolonger la bonne santé de votre animal au delà de son seuil de sénescence et de prévenir, d’éviter ou de retarder les maladies les plus fréquentes liées à l’âge.

Le bilan gériatrique nous permet donc de contrôler le fonctionnement des différents organes qui sont les plus touchés par l’âge, et son intérêt est double :

– il permet la détection précoce d’une maladie qui en serait encore à son stade latent et pour laquelle une possibilité de traitement existerait encore. En effet, certaines maladies, une fois les signes cliniques apparus, sont plus difficiles à traiter.

– il permet également de réaliser un bilan sanguin complet, qui, même si les différents paramètres testés en ressortent dans les normes, permettra à votre vétérinaire d’avoir des valeurs de référence sur lesquelles se baser pour plus tard dans le suivi personnalisé de votre animal.

Les affections liées à l’âge concernent aussi bien les maladies cancéreuses que cardio-vasculaires, locomotrices, urinaires, reproductrices, endocriniennes, …

Un bilan minutieux est donc nécessaire.

En quoi consiste ce bilan?

Même si tous les vétérinaires ne réalisent pas le même bilan, la ligne de conduite est quasi systématiquement la même.

Votre vétérinaire réalisera tout d’abord un examen général complet de votre animal (température, palpation abdominale, examen dentaire, auscultation cardiaque et thoracique, pesée, …).

Il recueillera ensuite avec votre aide les commémoratifs du patient : son mode de vie, s’il y a eu des modifications récentes de son environnement, s’il a des antécédents pathologiques, s’il a déjà eu des traitements antérieurs, quelles sont ses habitudes alimentaires, s’il voyage régulièrement…

En plus de cet examen général complet, il réalisera certainement un examen ophtalmologique (signes de cataracte? d’hypertension? …), un examen neurologique (vieillissement prématuré? …) et un examen locomoteur (signes d’arthropathies liés à l’âge?).

Si vous avez un chien mâle non castré, il réalisera également un examen prostatique. Si c’est une femelle, il s’attardera sur un examen mammaire complet.

Votre vétérinaire vous proposera certainement un examen sanguin complet. Il réalisera pour ce faire une prise de sang.

Une numération formule sanguine permet de diagnostiquer des cancers, des infections, des anémies, et de donner de précieux renseignements sur l’état du système immunitaire de votre animal.

Un bilan biochimique sanguin complet évaluera le fonctionnement du foie, des reins, du pancréas, et d’autres organes internes de votre animal. Grâce à ces différents paramètres, votre vétérinaire vous orientera peut être sur d’autres analyses plus spécifiques pour diagnostiquer précocement certaines affections telles que le diabète ou d’autres maladies hormonales.

Votre véto réalisera également une analyse d’urines, qui s’avère être un examen assez simple, mais très précieux dans la détection non seulement d’infections ou d’anomalies purement urinaires, mais aussi de différentes maladies endocriniennes.

Ensuite, au vu des résultats de ces différents examens, d’autres examens pourront également vous être recommandés au cas par cas :

radiographie du thorax, de l’abdomen ou ostéo-articulaire

électrocardiogramme

échographie abdominale ou cardiaque

mesure de la pression artérielle

tests sanguins spécifiques hormonaux (thyroïde, surrénales, …)

– …

Vous l’avez donc compris : le bilan gériatrique est un bilan de prévention visant à garder votre compagnon le plus longtemps en vie et en forme. Car comme le dit l’adage : mieux vaut prévenir que guérir!

 

La cataracte du chien âgé

6 Sep

Beaucoup de nos clients s’inquiètent, une fois que leur chien prend de l’âge, d’une opacification de ses yeux. Dans la très grande majorité des cas, les deux yeux sont touchés et se « voilent » d’un film blanc ou bleuté, dès l’âge de 7-8 ans.

C’est ce que l’on appelle la « cataracte sénile » ou « cataracte du chien âgé ». 

Qu’est ce que la cataracte sénile? 
 
La cataracte sénile est un processus naturel lié au vieillissement progressif du cristallin de l’oeil.  

Le cristallin est l’élément constitutif de l’oeil qui fonctionne comme une lentille et qui permet la vision de près et de loin. 

 

En avant du cristallin, il y a la cornée (la paroi la plus antérieure de l’oeil) et la chambre antérieure de l’oeil qui contient l’humeur aqueuse. Le cristallin est visualisé depuis l’extérieur grâce à l’ouverture plus ou moins grande de la pupille (ouverture de l’iris). La cataracte touche donc une structure interne à l’oeil, et en modifie la transparence.  

Au fur et à mesure de ce vieillissement, la pupille apparaît donc de plus en plus blanche. 

 

La cataracte sera plus ou moins sévère pour votre compagnon selon l’âge d’apparition de cette pathologie, sa vitesse de progression, et les habitudes de vie de votre compagnon. 

Notez cependant que d’autres causes de cataracte existent et cette affection pourra dès lors apparaître à un âge plus avancé et avoir d’autres conséquences… 

Les symptômes de la cataracte 

Les tous premiers symptômes se traduisent au départ par un reflet bleuté des yeux. C’est le début de la dégénérescence du cristallin qui en est la cause.  

Vous pouvez ensuite observer un comportement anormal de votre animal : il se cogne aux meubles dans la maison, et surtout dans des endroits inconnus, il vous suit à la trace, n’osant plus s’aventurer dans des terrains inconnus, et cela s’amplifie quand la luminosité baisse.  

Si tel est le cas, prenez rendez-vous chez votre vétérinaire qui pourra faire la différence entre une cataracte ou toute autre maladie de l’oeil. 

 

Quelles en sont les conséquences? 

Elles seront plus ou moins graves selon le mode de vie de votre chien.  

Si celui ci mène une vie calme, en ville, il est bien probable que vous ne vous rendiez même pas compte d’un réel changement comportemental de votre animal. Tant que son environnement reste stable et que vous ne déménagiez pas, il adaptera progressivement la perte de sa vision par une « carte géographique » mentale de son environnement habituel grâce à sa mémoire, son odorat, son ouïe… Et la perte de vision n’aura que très peu de conséquence pour lui. Il ne sera gêné que la nuit (lorsque la luminosité diminue) ou dans un environnement inconnu. 

Par contre, si votre chien mène une vie plus irrégulière ou si sa vue lui est essentielle pour remplir son rôle (chien de garde, chien de chasse,…), la cataracte affectera de manière considérable sa vie de tous les jours. 

Que faire? 

Le tout est de mesurer tout d’abord l’impact de la cataracte sur la vie de tous les jours de votre animal. 

Il existe des médicaments qui permettront de diminuer la vitesse de vieillissement du cristallin, mais malheureusement aucun n’en stoppera réellement l’évolution. La seule solution définitive est la chirurgie. 

La chirurgie n’est pas toujours possible car pas toujours utile. Il faut s’assurer qu’en plus d’une cataracte, votre chien ne souffre pas d’une autre affection des yeux (dont la dégénérescence rétinienne). C’est votre vétérinaire ophtalmo qui diagnostiquera la possibilité ou non de la chirurgie pour votre animal.  

 

Cette chirurgie consiste (en gros) au retrait chirurgical du cristallin dégénéré. 

Et si l’opération n’est pas possible, ne vous mettez pas martel en tête : nos compagnons citadins supportent relativement bien cette baisse de vision!