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Un cas de rage canine en Espagne relance le débat sur l’utilité de respecter les formalités d’importation des carnivores domestiques

17 Juil

Un cas de rage sur un chien en Espagne a été confirmé fin du mois de juin dernier.

Dans la région de Tolède, en Espagne, un chien, ramené illégalement du Maroc, a approché et mordu plusieurs personnes (dont un enfant de 2 ans, grièvement) avant d’être confirmé comme porteur de la rage. Il a ensuite été euthanasié.

Les autorités espagnoles ont lancé une alerte dans les régions où cet animal a transité. Les zones concernées sont les suivantes : un périmètre de 20 km autour de Tolède, la ville de Monzon, province de Huesca en Aragon, les provinces et les villes de Barcelone et Gérone en Catalogne. Des animaux pourraient de nouveau avoir été contaminés dans ces zones, alors que la rage avait été éliminée d’Espagne depuis 1978.

Le risque d’exposition remonte en fait au 1er mai 2013 et les personnes qui ont été victimes de morsures (par tout animal, pas uniquement des chiens) depuis cette date dans les zones citées, qu’elles soient restées en Espagne ou retournées dans leur pays d’origine, sont invitées à consulter.

Comme il est très compliqué dans ce cas précis de savoir quels animaux ont été en contact avec le chien atteint de la rage (car ce chien est resté – porteur de la rage – environ 2 mois sur le territoire espagnol), l’Espagne n’est donc plus considérée à ce jour comme un pays indemne de rage canine.

L’occasion pour moi de vous rappeler la législation en vigueur…

Je me permets de rappeler à chacun d’entre vous l’utilité de l’identification et du vaccin rage.

Oui, effectivement, la rage ne court pas les rues en France, ça se saurait si c’était le cas. Mais lors de l’émergence d’un cas de rage importé d’un pays étranger, avec un peu de malchance, si votre animal a été en contact avec le cas suspect et qu’il n’est pas identifié ni vacciné, la législation oblige son euthanasie. Alors qu’il sera simplement surveillé si il l’est.

A bon entendeur, donc…

Ce cas permet également de rappeler que les formalités douanières d’importation d’animaux ne sont pas inutiles et faites uniquement pour vous enquiquiner, loin de là!

Pour importer un chien en France (comme en Espagne!) depuis un pays non-indemne de rage comme le Maroc, ce chien doit être identifié, vacciné contre la rage, et doit subir une prise de sang de recherche d’anticorps contre la rage par un laboratoire d’Etat agréé, prouvant un taux suffisant justifiant sa vaccination correcte. Les contrôles de rigueur n’ont donc pas été effectués sur ce chien dans ce cas précis.

Alors oui, bien sûr, si vous voyagez à l’étranger avec votre compagnon, vous savez que vous devez le faire vacciner contre la rage. Le passeport, la puce électronique, tout ça, vous le savez.

Mais si votre animal vit tranquillement dans votre appartement, vous vous dites que question rage, vous êtes plutôt peinard. Et vous n’avez pas vraiment tort, … SAUF QUE!

La France est indemne de rage vulpine (de renard) depuis 1998. Et de rage canine depuis 2001. C’est à dire qu’aucun cas de rage franco-français n’y a été déclaré depuis ces dates.

Oh oui, il y a bien quelques cas sporadiques qui affolent la presse. Mais il s’agit à chaque fois de cas de rage d’animaux importés de l’étranger. Comme ce dernier cas en Vendée, dont je vous avais parlé ici.

 

Rapport World Health Organization 2012 : risque de rage en fonction des pays

Rapport World Health Organization 2012 : risque de rage en fonction des pays

 

Alors pourquoi faire vacciner son animal contre la rage s’il n’y a plus de rage en France?? 

Je reprends donc le dernier cas de rage canine sporadique en France : de ce chiot ramené du Maroc en Vendée en août 2011.

Le chiot importé de l’étranger et porteur de la rage a été diagnostiqué rapidement par un vétérinaire.

Les personnes ayant été en contact avec cet animal ont toutes été traitées préventivement. Car le vaccin contre la rage est préventif mais aussi curatif si il est pratiqué précocement après la morsure ou le léchage d’une plaie ouverte par un animal enragé.

Les animaux ayant été en contact avec l’animal enragé ont été divisé en deux groupes : ceux vaccinés (et identifiés) et ceux non vaccinés contre la rage. Les animaux vaccinés (et identifiés, par tatouage ou puce électronique) ont été placé sous surveillance vétérinaire. Une fois l’épidémiosurveillance assurée, ces animaux ont continué leur petite vie comme si rien ne s’était passé.

Les animaux non vaccinés (ou non identifiés) ont été tout simplement euthanasiés.

En France, en matière de santé publique, on applique la technique du risque zéro. Et je pense sincèrement qu’il s’agit de la bonne formule.

Vous l’aurez donc compris, vacciner votre chien, votre chat ou votre furet contre la rage sert tout simplement à le protéger. Et à vous protéger vous et votre entourage.

Donc même si votre chien, votre chat, ou votre furet vit dans notre belle ville et qu’il ne quitte jamais Paris, « on ne sait jamais »!

Le B.A.-BA est donc celui ci : chien, chat, furet, même combat! :

On le fait identifier (car si il n’est pas identifié et qu’il a été en contact avec un animal importé suspect de rage et qu’il n’est pas identifié, il sera aussi euthanasié) par microchip (le tatouage, c’est so 2010 : totalement révolu)

– Votre vétérinaire vous fournit un passeport pour votre animal (car vous l’avez fait identifier)

On le fait vacciner contre la rage (et contre toutes les autres maladies dont la prophylaxie peut être assurée par leur vaccination) et le vétérinaire l’annote dans le passeport

 

Voici en lien, la page internet du Ministère de la Santé qui explique les différentes modalités à remplir pour l’importation d’animaux depuis des pays extérieurs à l’Union Européenne : ICI.

Le complexe fibrosarcome du chat (ou : « doit on continuer à vacciner? »)

13 Mar

Le fibrosarcome est une tumeur maligne (un cancer, donc) du tissu sous cutané.

Ce sont les « fibroblastes » qui sont les cellules concernées par ce cancer. Ces cellules vont subir des modifications, elles vont devenir tumorales et se multiplier sous la peau.

Le fibrosarcome est une des tumeurs les plus fréquentes chez le chat.

Elle se présente généralement sous la forme d’une boule très dure sous la peau. « Boule » de petite taille au départ, mais qui va rapidement grossir. Cette masse a pour localisation préférentielle la zone dans le cou, entre les épaules, mais on peut aussi la retrouver un peu partout sous la peau du chat.

C’est une tumeur très grave chez le chat, non pas parce qu’elle métastase (c’est très rarement le cas), mais parce que, malgré la chirurgie et le retrait de la masse (qui doit être le plus large possible), le fibrosarcome aura tendance à récidiver localement, sur le site même de la chirurgie. Au bout de quelques jours, quelques semaines, ou quelques mois après la chirurgie, un autre fibrosarcome risque de se développer. On réopère donc le chat, … mais la chirurgie ne peut s’envisager éternellement car le tissu cicatriciel post-chirugie est fragile, et l’endroit devient donc difficle à opérer à la longue.

La masse grandissante risque de faire souffrir le chat car elle peut prendre une ampleur considérable.

D'après : DEVAUCHELLE P, MAGNOL JP. Fibrosarcomes félins, le tour de la question en dix points. Prat. Vét. Anim. Comp., 2004, 6, 3-6.

 

On conseille généralement d’associer à la chirurgie d’exérèse de la masse, des séances de radiothérapie du site chirurgicale, comme on sait que c’est une tumeur qui a tendance à récidiver localement.

Cette radiothérapie se fait obligatoirement en centre de cancérologie spécialisé (le chat est placé dans une cage spéciale, « plombée ») car elle consiste en la pose sous anesthésie d’un fils d’iridium radioactif en sous cutané, que l’on laisse en place une semaine.

On étudie encore actuellement d’autres traitements adjuvants à la chirurgie, tels que l’interferon-thérapie.

A quoi sont dus ces fibrosarcomes?

Comme pour tout cancer, on ne sait pas trop pourquoi le fibrosarcome se développera plus particulièrement chez un chat que chez un autre. Tout ce que l’on peut dire avec certitude, c’est qu’il y a des chat plus fragiles, donc plus potentiellement enclins à développer un fibrosarcome que d’autres. Ces chats auraient un déficit de leur immunité au niveau cutané.

Chez ces chats, à chaque fois que la peau est agressée (par une injection, une morsure, une blessure, …), le risque de développer un fibrosarcome sur le site de l’agression de la barrière cutanée augmente.

On a souvent incriminé les vaccins dans le développement des fibrosarcomes. Le vaccin rage a d’abord été pointé du doigt, puis le vaccin leucose, puis les adjuvants, … On a donc développé des vaccins sans adjuvants, mais la prévalence des fibrosarcomes était toujours aussi importante, alors on a bien du admettre que ce n’était pas le vaccin en tant que tel, mais toute injection un peu traumatique qui était le facteur déclenchant d’un fibrosarcome sur un chat prédisposé.

Les fibrosarcomes seraient donc plus « post-traumatiques » que « post-vaccinaux ».

C’est à dire, après une injection de vaccin aussi bien qu’une injection de n’importe quoi d’autre (un antibiotique, un anti inflammatoire, un complexe polyvitaminé, une injection hormonale, …), après une morsure par un autre chat ou par un chien, après une blessure (piqûre d’insecte, par des végétaux, …), …

Pour réduire au maximum le risque de fibrosarcome « sur un site d’injection », votre vétérinaire s’assurera de réaliser des injections les moins traumatiques possibles (éviter que le chat ne bouge lors de l’injection, utiliser des aiguilles fines, changer de site d’injection, homogénéiser les produits à injecter, …).

Et alors quoi? Plus d’injections?

Bien sûr que si! Il faut être consicent du bénéfice/risque de chaque injection.

La fréquence du fibrosarcome chez le chat est faible : de l’ordre de 0,003 %. Soit 3 chats sur 100.000. On se rassure donc, c’est peu fréquent!

Et comme on est raisonnable et qu’on sait que le risque de développer un typhus potentiellement mortel ou un coryza, même chez un chat d’intérieur, est bien plus élevé que celui de développer un fibrosarcome, on continue de vacciner les chats! Bien sûr!

Mais comme on sait que ça existe, on privilégiera toujours un traitement par voie orale qu’un traitement par injection chez le chat, même si c’est plus facile de lui faire une piqûre que de lui administrer le gros comprimé rose par la bouche!

Pourquoi faire vacciner son animal parisien contre la rage?

5 Oct

Alors oui, bien sûr, si vous voyagez à l’étranger avec votre compagnon, vous savez que vous devez le faire vacciner contre la rage. Le passeport, la puce électronique, tout ça, vous le savez.

 

Mais si votre animal vit tranquillement dans votre appartement avec vue sur le Champ de Mars (je vous déteste si c’est le cas, l’appart avec vue sur le Champ de Mars!), vous vous dites que question rage, vous êtes plutôt peinard. Et vous n’avez pas vraiment tort, … SAUF QUE!

 

La France est indemne de rage vulpine (de renard) depuis 1998. Et de rage canine depuis 2001. C’est à dire qu’aucun cas de rage franco-français n’y a été déclaré depuis ces dates.

Oh oui, il y a bien quelques cas sporadiques qui affolent la presse. Mais il s’agit à chaque fois de cas de rage d’animaux importés de l’étranger. Comme ce dernier cas en Vendée, dont je vous avais parlé ici.

Alors pourquoi diantre (oui, « diantre », j’aime bien, c’est mon blog, j’écris comme je veux!) vacciner son animal contre la rage si il n’y a plus de rage en France??

On ne va quand même pas rentrer dans un état de psychose bigardienne?

 

 

Je m’en vais vous expliquer, chers lecteurs…

 

Je reprends donc ce cas de chiot ramené du Maroc en août dernier.

Le chiot importé de l’étranger et porteur de la rage a été diagnostiqué rapidement par un vétérinaire.

Les personnes ayant été en contact avec cet animal ont toutes été traitées préventivement. Car le vaccin contre la rage est préventif mais aussi curatif si il est pratiqué précocément après la morsure ou le léchage d’une plaie ouverte par un animal enragé.

Les animaux ayant été en contact avec l’animal enragé ont été divisé en deux groupes : ceux vaccinés (et identifiés) et ceux non vaccinés contre la rage. Les animaux vaccinés (et identifiés, par tatouage ou puce électronique) ont été placé sous surveillance vétérinaire. Une fois l’épidémiosurveillance assurée, ces animaux ont continué leur petite vie comme si rien ne s’était passé.

Les animaux non vaccinés (ou non identifiés) ont été tout simplement euthanasiés. En France, en matière de santé publique, on applique la technique du risque zéro. Et je pense sincèrement qu’il s’agit de la bonne formule.

 

Vous l’aurez donc compris, vacciner votre chien, votre chat ou votre furet contre la rage sert tout simplement à le protéger.

 

 

Et à vous protéger vous et votre entourage.

 

Donc, même si votre chien, votre chat, ou votre furet vit dans notre belle ville et qu’il ne quitte jamais Paris, « on ne sait jamais »!

 

On le fait identifier (car si il n’est pas identifié et qu’il a été en contact avec un animal importé suspect de rage et qu’il n’est pas identifié, il sera aussi euthanaisé) par microchip (le tatouage, c’est so 2010 totalement révolu)

– Votre vétérinaire vous fournit un passeport pour votre animal (car vous l’avez fait identifier)

On le fait vacciner contre la rage (et contre toutes les autres maladies dont la prophylaxie peut être assurée par leur vaccination) et le vétérinaire l’anote dans le passeport

 

Et pis c’est tout!

 

 

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Un cas de rage en France sur un chiot ramené du Maroc

17 Août

Oui, un cas de rage sur un chien en France a bien été confirmé par l’institut Pasteur … mais on garde son calme!

La rage a été confirmée sur un chiot de 3 mois, ramené du Maroc le 1er août en Vendée. Ce n’est donc pas à proprement parler un cas de rage émergeant directement en France, pays indemne de cas de rage depuis 1998.

Que s’est-il réellement passé?

Un chiot âgé de près de trois mois a été importé du Maroc le 1er août. Le 6 août, ses « propriétaires » ont noté un changement de comportement. Inquiets, ils se sont rendus chez leur vétérinaire. Le chiot a directement été isolé et placé sous surveillance chez le vétérinaire. Il est décédé dans la nuit du 7 août.

Des prélèvements ont tout de suite été effectués sur l’animal, et ont été envoyés à l’institut Pasteur.

Sans attendre, l’Agence régionale de santé des Pays de la Loire a enquêté et identifié 24 personnes ayant été en contact avec ce chien.

« Elles sont prises en charge par le centre de traitement antirabique, indique la préfecture. Une vaccination a été ou sera réalisée. »

Le virus de la rage se transmet directement du chien à l’homme par morsure, ou par la salive via une plaie ouverte.

Quatre animaux ont également côtoyé le chien malade. Un chien, une chatte, et ses deux chatons.

Le chien, étant identifié et vacciné contre la rage, sera à nouveau revacciné et placé sous surveillance vétérinaire pendant 6 mois.

La chatte et ses deux chatons qui, eux, n’ont jamais été vaccinés contre la rage, seront malheureusement euthanasiés. « Il s’agit de garantir la sécurité des personnes et d’éteindre tout risque de diffusion de ce cas de rage », précise la préfecture.

Petites remarques :

Je me permets donc de rappeler à chacun d’entre vous l’utilité de l’identification et du vaccin rage. Oui, effectivement, la rage ne court pas les rues en France, ça se saurait si c’était le cas. Mais lors de l’émergence d’un cas de rage importé d’un pays étranger, avec un peu de malchance, si votre animal a été en contact avec le cas suspect et qu’il n’est pas identifié ni vacciné, la législation oblige son euthanasie. Alors qu’il sera simplement surveillé si il l’est.

A bon entendeur, donc…

Ce cas permet également de rappeler que les formalités douanières d’importation d’animaux ne sont pas inutiles et faites uniquement pour vous enquiquiner, loin de là!

Pour importer un chien en France depuis un pays non-indemne de rage comme le Maroc, le chiot aurait du être identifié, vacciné contre la rage, et aurait du subir une prise de sang de recherche d’anticorps contre la rage par un laboratoire d’Etat agréé, prouvant un taux suffisant justifiant sa vaccination correcte.

Voici en lien, la page internet du Ministère de la Santé qui explique les différentes modalités à remplir pour l’importation d’animaux depuis des pays extérieurs à l’Union Européenne : ICI.