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Le 6 novembre, une grande partie de la profession vétérinaire fera grève. Pourquoi?

28 Oct

Le 6 novembre 2013, les vétérinaires vont se mobiliser contre le projet de loi d’avenir agricole du gouvernement, sur appel du SNVEL (Syndicat national des vétérinaires d’exercice libéral).

veto en colere

Pourquoi?

Revenons un rien en arrière : le 17 septembre dernier, Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, a présenté les objectifs de la loi d’avenir agricole. Ce texte est encore au stade de projet de loi : après avoir été examiné en conseil des ministres fin octobre / début novembre, il sera discuté à l’Assemblée Nationale et au Parlement dès le début de l’année 2014.

En quoi consiste ce projet de loi?

Le site du ministère de l’agriculture nous annonce que « le projet de loi d’Avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt doit préparer l’agriculture française au double défi de la compétitivité économique et de la transition écologique, autour du projet agro-écologique présenté fin 2012, tout en conciliant les attentes des agriculteurs, des consommateurs et des citoyens. »

Pour plus d’informations, c’est par ici.

Et donc?

L’article qui nous pose problème à nous, vétérinaires, c’est l’article 20 de ce projet de loi d’avenir pour l’agriculture, qui « prévoit la limitation de la délivrance des antibiotiques d’importance critique ».

En effet, on entend beaucoup parler du découplage (prescription/délivrance ) des antibiotiques à risques. C’est à dire que les vétérinaires auraient le droit de prescrire mais plus de délivrer ces médicaments. Pourquoi? Pour éviter la surconsommation d’antibiotiques, selon le ministre. Ces médicaments seraient donc délivrés uniquement par les pharmaciens.

Le SNVEL explique : « Ne nous y trompons pas, cette atteinte à nos prérogatives limitée aujourd’hui aux seuls antibiotiques dits « critiques » (à ce jour non définis, l’Organisation mondiale de la santé y plaçant la colistine et l’amoxicilline/ acide clavulanique, les macrolides, entre autres…) ouvre assurément la voie à une interdiction beaucoup plus large de notre capacité à délivrer par des décisions arbitraires. »

Et ne nous y trompons pas non plus : le client n’ira pas chercher l’antibiotique de son chien ou de son élevage bovin chez le pharmacien et l’anti inflammatoire chez son vétérinaire!

Perte financière en vue, donc, pour les vétérinaires, on ne va pas s’en cacher. Nous incluons ces ventes dans notre chiffre d’affaire. Mais aussi et surtout : gros coup dans les dents car c’est en réalité un déni de confiance et un faux procès qui nous est fait là!

« Le seul objectif que nous partageons avec le gouvernement est la maîtrise de l’antibiorésistance et nous savons, preuves européennes à l’appui, que le découplage n’est pas la mesure adaptée à ce but ».

En effet, l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) souligne que la vente d’antibiotiques vétérinaires à diminué de 31% en 5 ans!

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Les études scientifiques récentes montrent que ce n’est pas l’utilisation en médecine vétérinaire qui favorise l’apparition de résistances aux antibiotiques : « Le suivi annuel des ventes de médicaments vétérinaires contenant des antibiotiques montre une diminution de l’exposition globale des animaux aux antibiotiques sur ces cinq dernières années et semble confirmer l’impact positif des différentes actions menées récemment en matière d’usage raisonné des antibiotiques. »

Laisser passer ce projet de loi, c’est pour nous, vétérinaires, accepter et courber l’échine sur deux choses :

1) C’est oublier que notre profession est une profession consciente des soucis de santé publique. Nous avons accepté le plan Ecoantibio 2017 ainsi que la mise en place de démarches de responsabilisation d’élevages, sanitaires, … nous avons prouvé moultes fois notre bonne foi, notre responsabilité et l’efficacité de notre travail.

L’opinion publique a tendance à oublier que le vétérinaire participe lui aussi à la sécurité de la chaine alimentaire « de la fourche à la fourchette ». Les vétos sont présents auprès des agriculteurs, des éleveurs, sur la chaîne d’abattage alimentaire, lors du conditionnement et de l’acheminement de ces produits alimentaires vers les réseaux de distribution, et ce, depuis toujours. Les responsabilités, ça nous connait, donc!

2) C’est aussi accepter une baisse considérable de nos revenus. Les petites structures vétérinaires risquent de licencier, faute de moyens, ou pire de mettre la clé sous la porte! Pour « survivre », nous risqons d’augmenter le prix de nos actes … et je vous laisse deviner qui va payer à nos côtés?

La sécurité sanitaire n’y gagnera rien : le vétérinaire est proche de ses clients et de ses patients : il vend des médicaments à l’unité, en déconditionne certains, allant même jusqu’à vendre quelques millilitres d’un liquide thérapeutique coûteux au lieu de faire acheter tout le bidon d’un litre à son client, … Ce découplage sera aussi la libre voie vers l’automédication : le client « zappera » la consultation vétérinaire, se servira dans sa propre pharmacie pour soigner son animal, …

Et ces dernières remarques, je tiens à le dire, ne sont pas du tout dirigées contre les pharmaciens. Le pharmacien et le vétérinaire sont complémentaires, ne marchent pas sur les plates bandes l’un de l’autre, car ils n’offrent pas les mêmes services.

Le 6 novembre 2013 donc aura lieu une « journée sans vétérinaires »

Nous nous élevons fortement contre une mesure qui va mettre à mal tout l’équilibre des soins que nous donnons aux animaux. Cette mesure aura pour conséquences une forte augmentation des coûts pour les propriétaires d’animaux, une diminution de la performance des soins et un effondrement des services d’urgence qu’assurent les vétérinaires.

Au cours de cette journée :

– seul l’accueil des urgences sera assuré dans les structures vétérinaires participantes,

– les vétérinaires participant rejoindront Paris en fin de matinée et manifesteront leur mécontentement devant le ministère de la santé

– les réunions et vacations concernant les vétérinaires libéraux ce jour-là seront suspendues (prélèvements en équarrissage, inspection des viandes,…)

Comme le scande le SNVEL  » Exerçons notre droit de véto  » !!!

Merci de lire, de commenter (sans violence et de manière constructive, sinon je censurerai) et surtout, de partager!

Depuis le 28/10/2013, le SNVEL a mis une pétition en ligne, que je vous invite tous à signer, pour vous, pour que vos animaux continuent d’être bien soignés, pour vos vétérinaires et leurs salariés : http://www.stop-marisol-touraine.com/signez-la-petition/

MERCI !!!

L’ANSES appelle les vétérinaires français à lui transmettre les effets indésirables liés à l’utilisation de colliers anti parasitaires SERESTO

21 Juil

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) appelle l’ensemble des vétérinaires français à lui transmettre tous les effets indésirables liés aux colliers antiparasitaires SERESTO (Bayer) chez le chien et le chat.

Cette demande fait suite au signalement de nombreuses réactions indésirables chez le chat, comme : du prurit, ou encore des brûlures, des ulcères, …

LAnses précise qu’actuellement peu de réactions indésirables ont été observées chez les chiens, si ce n’est un manque d’efficacité du produit vis à vis des tiques.

« L’agence appelle les vétérinaires à prêter une attention particulière à tout éventuel nouveau cas dont ils auraient connaissance et les invite à lui transmettre ces informations via le dispositif de pharmacovigilance. L’expertise des cas ainsi déclarés permettra, d’une part, d’affiner la description du tableau clinique des effets indésirables et, d’autre part, de conforter leur fréquence d’apparition afin de définir quelles mesures de gestion s’imposent », explique l’ANSES.

(Source : AFP)

 

 

Je rapelle que tout collier, toute pipette antiparasitaire est à considérer comme un  médicament, et que tout médicament peut présenter des risques d’effets secondaires chez nous, comme chez nos animaux domestiques.

Les effets indésirables décrits dans le cas de ce collier antiparasitaire sont des effets BENINS, à savoir donc des réactions locales, plus fréquentes chez le chat (1 cas pour 374 chats traités) que chez le chien (1 cas pour 3.030 chiens traités). Pas de panique, donc!

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Si vous êtes propriétaire d’un chat ou d’un chien ayant présenté des effets secondaires suite à l’application d’un collier SERESTO, pouvez vous me les décrire en commentaire de cet article? Merci!

Colliers antiparasitaires … attention danger!

10 Mai

L’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) via l’Agence nationale du médicament vétérinaire a décidé de retirer l’AMM (autorisation de mise sur le marché) de plusieurs colliers antiparasitaires destinés aux animaux de compagnie.

Ces colliers antiparasitaires étaient notamment commercialisés dans les jardineries, les animaleries et la grande distribution.

Le retrait d’AMM a été décidé car l’utilisation de ces colliers serait un risque pour l’animal, l’homme et surtout pour l’enfant.

Ces produits ont donc été retirés de leurs différents points de vente.

Si vous avez munis votre chien ou votre chat d’un tel collier antiparasitaire, l’ANSES vous recommande de l’enlever et d’utiliser un autre collier disponible sur le marché et non présent dans la liste.

La liste des produits retirés est disponible ICI.

Info à faire tourner, donc, auprès de toutes vos connaissances propriétaires d’animaux domestiques.