La PIF (ou Péritonite Infectieuse féline)

14 Oct

La Péritonite Infectieuse Féline (ou PIF pour les intimes) est une maladie virale qui affecte essentiellement les jeunes chats (moins de 2 ans).

C’est une maladie très grave, mortelle.

On distingue deux formes de PIF, l’une appelée PIF humide et l’autre PIF sèche (par opposition).

La PIF humide (dans 75% des cas de PIF environ) est nommée de la sorte car elle va causer des vascularites, c’est à dire des inflammations des vaisseaux sanguins, ce qui aura pour conséquence la formation d’épanchements liquidiens. Les cavités anatomiques normales (thorax, abdomen, …) du chat vont se remplir de liquide. Vous le comprenez donc : du liquide en quantité abondante dans le thorax va induire une gène voire une détresse respiratoire. Et le liquide dans l’abdomen va induire des troubles digestifs, ainsi que des troubles dans le fonctionnement des différents organes abdominaux.

La PIF sèche est appelée ainsi en opposition à la PIF humide car elle peut atteindre n’importe quel organe, sans collections liquidiennes associées. Et chaque organe atteint sera dès lors défaillant. On peut donc observer des troubles digestifs si ce sont les intestins qui sont touchés, des troubles oculaires si ce sont les yeux qui sont touchés, des troubles hépatiques (avec ou sans ictère) si le foie est touché, etc. Ces organes peuvent être atteints séparément ou collectivement.

C’est en gros, un résumé un peu simpliste des symptômes car à vrai dire, la PIF n’est pas une maladie aussi simple à résumer tant ses manifestations peuvent être variées. Son diagnostic n’est pas toujours évident pour nous, vétérinaires.

Comment un chat contracte-t-il la PIF?

Déjà, sachez que la PIF ne se transmet que de chat à chat. Elle n’est pas contagieuse pour l’homme et ne se transmet pas au chien.

Ensuite, elle se transmet entre chat par contact direct (par les selles, la salive, par inhalation, …) ou indirect (via un objet infecté). On pense qu’elle peut se transmettre également in utéro, de la chatte à ses chatons.

La PIF est en fait un virus mutant de famille des coronavirus. Le coronavirus est un virus qui causera une affection tout à fait bénigne de diarrhée passagère. La plupart des chats infectés par le FeCV (Feline Coronavirus) ne développeront même aucun symptômes.

Cependant, parfois, lorsqu’il se transmet de chat à chat, ce virus peut muter du FeCV (forme bénigne du coronavirus) en FIPV (forme PIF du coronavirus).

Le risque de cette mutation est plus élevé chez les jeunes chats et les chats âgés (parce que leur système immunitaire est moins compétent, on pense), et également chez les sujets immunodéprimés.

C’est la raison pour laquelle la PIF atteint plus facilement un chat jeune (de moins de 3 ans), âgé, ou porteur du FIV ou du FeLV. Le stress (qui diminue aussi l’efficacité du système immunitaire) peut également favoriser le développement de la maladie.

Il n’y a pas de vaccin contre la PIF en France. Ce vaccin est disponible en Belgique et en Amérique du Nord, mais il est très controversé dans son efficacité.

Le diagnostic de la PIF se fera entre autre par un test de dépistage Coronavirus. Mais ce test ne peut pas faire la différence entre le FeCV et le FIPV. Si ce test est négatif, ok, votre chat ne fait pas une PIF. Par contre si ce test est positif, cela veut dire que soit votre chat fait une PIF, soit qu’il a un jour rencontré la forme bénigne de coronavirus, ce qui ne servira pas à grand chose…

D’autres examens seront dès lors demandés par votre vétérinaire et si les symptômes collent avec les différentes données des différentes analyses de laboratoire effectuées, on pourra dire sans doute que oui, le chat souffre bien d’une PIF.

Quel en est le traitement?

Malheureusement, il n’y a aucun traitement de la PIF. La PIF est mortelle chez 100% des chats atteints. On peut utiliser des corticoïdes et des traitements symptomatiques mais tous ces traitements ne sont que palliatifs et jamais curatifs.

Le plus beau des textes jamais écrits ... et le plus beau des films (LE rôle de la laïfe de Depardieu)!

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3 Réponses to “La PIF (ou Péritonite Infectieuse féline)”

  1. Elise 9 novembre 2011 à 10:18 #

    Bonjour,
    J’apprécie beaucoup votre blog, en revanche cet article me paraît particulièrement dangereux… La PIF se diagnostique uniquement par autopsie, on ne peut jamais (ou dans 99% des cas tout du moins) déclarer qu’un animal a la PIF lorsqu’il est encore en vie.
    Par ailleurs, un animal en étant de PIF déclarée sera justement négatif pour les coronavirus… ce qui rend le problème encore plus complexe. Et participe certainement au fait que tant de gens font euthanasier leur chat sur la base d’un test positif qui ne signifie rien de plus que ce que vous évoquez, le fait que le chat ait un jour croisé un coronavirus.
    Je suis aussi dubitative en ce qui concerne le mode de transmission : s’agissant d’un virus entérique, il ne se transmet pas par la salive, seules les selles transmettent le virus…

    • Vet and the City 9 novembre 2011 à 11:45 #

      Whow! mon article? dangereux?? CIEL! Mon sang ne fait qu’un tour! ;-)

      Je pense d’après vos paroles que vous êtes une consoeur…?

      Je vous suis, bien sûr, sur tous ces points. (N’oubliez pas que ce blog est un blog de vulgarisation pour le grand public. Il va de soi que je n’ai pas parlé de la PIF en de pareils termes lors de ma soutenance de thèse pour l’obtention de mon CEAV de Médecine Interne!) ;-)

      Je vous réponds donc :

      – concerant le diagnostic de certitude : on peut également faire des prélèvement histo par biopsie sur un animal vivant (et pas que lors d’une autopsie sur animal mort) et examiner les lésions pyogranulomateuses caractéristiques et la mise en évidence des antigènes viraux de la PIF par immuno-cyto-chimie (j’imagine que c’est à cela que vous faites référence?) … rares cas sur animal vivant versus animal mort, ok, je le reconnais ;-)

      – Mea culpa, en début de patholgie (temps de séroconversion) (et en toute fin de la maladie également, ceci dit), la sérologie peut être négative. C’est la raison pour laquelle on conseille de faire 2 sérologies à 15 jours d’intervalle (si on en a le temps!) … mais cela relève plutôt d’un dialogue entre vétos que d’une dialogue sur un blog du style du mien. Mon but était surtout ici d’expliquer aux lecteurs que Coronavirus positif ne veut pas dire PIF positif

      – concernant le mode de transmission : je suis d’accord avec vous : il est effectivement majoritairement par voie fécale (transmission oro- ou naso-fécale par contact direct) mais on suspecte quand même une transmission directe également via la salive, par voie transplacentaire, voire même via les urines. Et une transmission indirecte (très rare car le virus est peu résistant dans le milieu extérieur) est possible aussi…

      En tous cas MERCI de vos remarques et de votre intérêt. C’est un réel plaisir chaque jour de lire et de réfléchir sur chaque commentaire que chaque lecteur (véto ou non) peut me faire.

      Bonne journée!

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  1. Les vices rédhibitoires lorsque l’on achète un chat « Vet and the City - 13 janvier 2012

    […] une maladie virale, dont je vous ai parlé ICI. Elle est mortelle. Le diagnostic de certitude de cette maladie n’est pas aisé à établir. […]

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